Etats-Unis

La source du terrorisme dans le monde : la stratégie Trump 2026 ouvre la guerre contre les Frères musulmans


Dans la nouvelle vision américaine, les Frères musulmans ne sont plus perçus comme un simple mouvement politique brandissant des slogans religieux ou agissant sous des bannières de prédication ; ils sont désormais présentés, dans les cercles décisionnels, comme « l’esprit fondateur » du chaos transnational et le terreau d’où ont émergé les organisations les plus violentes et extrémistes.

Dans un tournant marqué reflétant un changement profond dans la doctrine américaine de lutte contre le terrorisme, la stratégie des États-Unis pour 2026, place les Frères musulmans au cœur de la confrontation, en les décrivant comme la racine idéologique qui a nourri des organisations telles qu’Al-Qaïda, Daech et le Hamas, et qui a ancré une culture de la violence, de l’excommunication et de l’instrumentalisation de la religion pour bâtir des réseaux transnationaux visant à démanteler le concept d’État-nation et à réactiver le projet de « califat » sous des formes plus radicales et plus structurées.

Le document américain ne présente pas les Frères musulmans comme un adversaire politique traditionnel, mais comme un système complexe mêlant idéologie, organisation, financement et infiltration institutionnelle, opérant à travers de multiples façades allant de l’activité partisane et médiatique aux réseaux de recrutement et de soutien logistique. Selon la conception américaine, cela les rend plus dangereux qu’une simple organisation armée transitoire, car ils représentent la « structure productrice » de l’extrémisme lui-même.

Dès lors, la confrontation américaine ne se limite plus à la poursuite de cellules armées ou à des frappes sécuritaires, mais s’est élargie pour viser le démantèlement de l’environnement idéologique et organisationnel qui régénère le terrorisme, ainsi que l’assèchement de ses réseaux financiers, médiatiques et politiques, dans le cadre d’une doctrine nouvelle considérant que l’élimination de la menace commence par frapper « la racine » plutôt que de se contenter de poursuivre les branches.

Les Frères musulmans au cœur de la stratégie américaine

Le document « America First in Counterterrorism 2026 » révèle un changement radical dans la manière dont Washington traite le mouvement. L’administration américaine ne distingue plus l’islam politique des organisations terroristes armées, considérant que les Frères musulmans ont constitué la base intellectuelle et organisationnelle qui a préparé l’émergence des mouvements extrémistes modernes.

Selon le document, les Frères musulmans représentent « la source du terrorisme islamiste moderne fondé sur la reconstitution du califat islamique et la mise à mort ou l’asservissement des non-musulmans », une qualification sans précédent qui place le mouvement au-delà du cadre politique traditionnel pour en faire une menace idéologique et sécuritaire mondiale.

Dans ce contexte, la stratégie indique que le président américain Donald Trump a annoncé la désignation de la branche égyptienne d’origine, ainsi que des branches jordanienne et libanaise, comme organisations terroristes étrangères, avec la confirmation que d’autres branches seront ajoutées ultérieurement.

Le document ne s’arrête pas à la désignation, mais évoque clairement la poursuite des efforts pour « écraser l’organisation où qu’elle opère », en ciblant ses réseaux financiers, médiatiques et organisationnels, et en poursuivant ses activités transnationales.

Des « guerres sans fin » au démantèlement des réseaux

La stratégie américaine reflète une révision sévère des politiques précédentes qui, selon la vision actuelle, se limitaient à traquer les organisations armées sans s’attaquer à la structure idéologique et organisationnelle qui les produit.

Désormais, Washington ne considère plus que la guerre contre le terrorisme se limite aux opérations militaires traditionnelles, mais adopte un modèle plus global reposant sur le démantèlement des réseaux liés à l’extrémisme, l’assèchement de leurs sources de financement et l’infiltration de leurs structures logistiques, médiatiques et économiques.

Parmi les outils de confrontation mentionnés dans le document figurent :

  • l’imposition de sanctions financières élargies,
  • la poursuite des réseaux de financement transnationaux,
  • le ciblage des « flottes fantômes » utilisées pour contourner les sanctions,
  • la conduite d’opérations cybernétiques et de renseignement,
  • l’assèchement des plateformes de recrutement et de mobilisation,
  • l’utilisation des désignations terroristes pour étouffer les institutions liées aux organisations extrémistes.

Le document souligne également que les États-Unis continueront à faire pression sur le « mouvement djihadiste mondial » jusqu’à ce que les institutions liées aux Frères musulmans ne soient plus capables de « recruter et financer le terrorisme contre les États-Unis ».

Les Frères musulmans et les réseaux de l’extrémisme mondial

La stratégie ne considère pas le mouvement comme une entité isolée, mais comme faisant partie d’un système interconnecté où idéologie, financement et soutien logistique et militaire se croisent.

Le document établit un lien direct entre les Frères musulmans et des organisations telles qu’Al-Qaïda, Daech et le Hamas, estimant que le mouvement a joué le rôle de « parapluie intellectuel » légitimant la violence transnationale et l’usage de la religion comme moyen d’accéder au pouvoir ou d’imposer une influence.

Le document élargit également le lien entre terrorisme et criminalité organisée, en évoquant la relation entre les réseaux extrémistes et les cartels transnationaux, considérant que la contrebande, le blanchiment d’argent et le trafic de drogue constituent désormais des sources majeures de financement pour les groupes extrémistes.

Dans ce cadre, Washington traite le terrorisme comme un « réseau hybride » où les organisations idéologiques se mêlent à des intérêts économiques illicites, ce qui explique le passage d’une guerre contre « l’organisation » à une guerre contre « le système ».

Le Moyen-Orient, centre de la nouvelle bataille

Malgré les références à la réduction de l’engagement dans les « guerres sans fin », le Moyen-Orient demeure central dans la nouvelle stratégie américaine.

Dans ce contexte, Washington place les Frères musulmans au sein d’un environnement plus large de mouvements transnationaux qui, selon la vision américaine, contribuent à produire le chaos, l’extrémisme et l’affaiblissement des États-nations.

De la sécurité à la « bataille identitaire »

Le document ne se limite pas aux dimensions militaires et sécuritaires, mais propose une vision idéologique et culturelle liant la lutte contre le terrorisme à la défense de « l’identité américaine » et de la « civilisation occidentale ».

La stratégie critique les politiques de « frontières ouvertes » et l’immigration incontrôlée, estimant qu’elles ont permis l’expansion des réseaux extrémistes aux États-Unis et en Europe. Elle appelle également les alliés européens à affronter directement « l’islamisme » et à renforcer les politiques de lutte contre l’extrémisme et l’immigration.

La nouvelle stratégie américaine révèle ainsi une évolution majeure du concept de guerre contre le terrorisme : Washington ne voit plus la menace uniquement dans les organisations armées, mais dans la structure idéologique et organisationnelle qui les produit et les régénère.

Au cœur de cette vision, les Frères musulmans sont présentés, selon la nouvelle doctrine américaine, comme la « source fondatrice » de l’extrémisme transnational et la cible principale d’une bataille par laquelle Washington cherche à redéfinir la cartographie mondiale de la lutte contre le terrorisme.

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