La controverse autour des certificats halal remet le risque des Frères musulmans sur le devant de la scène en Allemagne
En théorie, les certificats halal étaient un moyen de faciliter la vie des musulmans en Occident, mais les organismes de certification sont tombés aux mains de réseaux liés aux Frères musulmans et se sont transformés en outil de financement.
Les certificats halal sont revenus au premier plan en Allemagne ces deux derniers jours, à la suite de la participation de l’ancien joueur allemand Lukas Podolski, l’un des actionnaires de la chaîne de restaurants de doner « Mangal », à la promotion de ses établissements, qui portent un certificat halal délivré par une organisation islamiste controversée.
En entrant dans l’une des succursales à Cologne (ouest), on peut voir un certificat accroché indiquant que la viande est « halal », ce qui signifie qu’elle est conforme à la loi islamique, selon le magazine allemand Focus.
Commentant cette situation, Lale Akgün, responsable politique du Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD) à Cologne et membre du « groupe de travail sur l’islam politique », a déclaré à la presse que le certificat halal constitue « un commerce énorme » répandu parmi de nombreux commerçants d’origine turque ou arabe. Cela entraîne, selon elle, une pression religieuse croissante sur la société.
Elle a ajouté que « la délivrance de certificats par des groupes associés aux courants de l’islam politique est totalement inacceptable ».
Akgün souligne en outre que les certificats halal placent généralement les commerçants sous pression commerciale : « Si l’un commence à en obtenir, les autres devront suivre afin d’éviter les questions sur leurs produits et la perte éventuelle de clients », ajoutant : « Ainsi, chaque certificat vendu en entraîne d’autres ».
Qui délivre les certificats ?
Selon les estimations de l’Office fédéral de protection de la Constitution en Allemagne, au moins deux organismes de certification sont liés à des organisations classées comme islamistes.
Ainsi, le Islamisches Zentrum München, considéré comme l’un des principaux relais des Frères musulmans, délivre des certificats halal, par exemple pour des produits de charcuterie.
L’Office bavarois de protection de la Constitution classe le centre islamique de Munich comme une « entité extrémiste sous surveillance », en lien avec les Frères musulmans.
Plus précisément, le centre islamique de Munich est classé par les services de protection de la Constitution comme faisant partie de la Deutsche Muslimische Gemeinschaft (DMG), l’organisation faîtière des Frères musulmans en Allemagne.
Selon ces services, la DMG exploite l’ordre démocratique libéral pour ancrer une interprétation extrémiste de l’islam.
Les services de renseignement intérieur considèrent également avec suspicion le rôle du centre islamique de Munich en tant qu’organisme de certification halal.
Ils précisent : « Certaines composantes du courant extrémiste considèrent les certificats halal comme un modèle économique rentable qui, au-delà du profit, permet d’élargir les capacités de recrutement », ajoutant que « cette évolution est perçue comme problématique ».
Outre le centre islamique de Munich, d’autres acteurs opèrent sur le marché des certificats halal, notamment le Europäisches Halal Zertifizierungsinstitut (EHZ), géré par le mouvement islamique turc Islamische Gemeinschaft Milli Görüş (IGMG).
Les services de protection de la Constitution décrivent ce mouvement comme une organisation « islamiste » qui cherche à « imposer un ordre conforme à l’islam selon sa propre interprétation ».
Ainsi, les certificats halal en Allemagne deviennent, selon des observateurs, une composante d’un réseau d’intérêts géré par des organisations islamistes, dominé par les Frères musulmans, visant à collecter des fonds et à recruter simultanément.
