Les poisons de la guerre s’étendent à l’environnement… l’armée soudanaise transforme des zones résidentielles en foyers de pollution chimique
L’armée soudanaise ne se contente pas de la guerre et de la souffrance quotidienne qu’elle inflige à des millions de personnes, elle est également impliquée dans des activités qui polluent l’environnement et propagent des maladies.
Des habitants de la ville de Atbara ont déclaré, dans des propos relayés par le journal Al Rakoba News, qu’un site relevant de l’artillerie est le théâtre d’opérations de traitement des déchets miniers connus sous le nom de « kartat al-dhahab » (résidus aurifères). Ils ont affirmé que les activités menées à l’intérieur du camp ont provoqué une pollution environnementale et la propagation de maladies parmi les habitants.
-
Le Soudan coincé entre la guerre et le changement climatique : blocus, maladies et sécheresse
-
Des morts turcs et du carburant incendié : le Nil Blanc révèle le nouveau visage de la guerre
Les résidents ont indiqué que ces opérations de traitement sont effectuées à l’aide de substances chimiques telles que le mercure et le cyanure.
Ils ont également souligné que les déchets résultant de ces substances ont affecté le sol et les eaux souterraines dans les zones entourant le camp.
Plus encore, les habitants craignent que la pollution ne s’étende aux sources d’eau utilisées pour l’agriculture et la consommation quotidienne, selon la même source.
Le journal a cité une source informée affirmant que le commandant de l’artillerie, le général de division Mohamed Al-Amin, supervise des entreprises affiliées à l’armée opérant dans le secteur minier de l’État du Nil, notamment la société « Shoushnai », active dans le traitement des résidus aurifères.
-
Les attaques au Nil Blanc : entre dimension militaire et catastrophe humanitaire
-
L’Arabie saoudite sous la loupe au Soudan : aides humanitaires ou instruments de recomposition des équilibres du conflit ?
La source a précisé que cette société est connue localement pour son utilisation non réglementée des substances chimiques employées dans les opérations d’extraction.
Elle a ajouté que les entreprises liées à l’armée opèrent sur plusieurs sites à l’intérieur de l’État et que leur activité s’est étendue récemment malgré les préoccupations environnementales soulevées par les habitants.
Le gouverneur de l’État du Nil avait auparavant émis une décision autorisant les entreprises de l’armée travaillant dans les résidus aurifères à exploiter environ 5 000 camions-bennes à l’intérieur de l’État, ce qui a suscité des critiques de la part de résidents qui estiment que cette décision renforce les activités liées au traitement de la « karta » au sein des zones résidentielles.
-
Les réseaux d’influence dissimulés dans la guerre soudanaise
-
La base secrète dans le désert : comment les drones égyptiens ont transformé la guerre au Soudan en un modèle moderne de guerre par procuration
-
Le Soudan au cœur de la tempête : une guerre alimentée par les ingérences et l’aggravation de la catastrophe humanitaire
-
Le Soudan entre l’hémorragie interne et les pressions extérieures : la bataille pour la survie au cœur des guerres d’influence
-
Les ombres des drones au-dessus du Darfour : récits humains d’une crise soudanaise prolongée par l’ingérence régionale
-
Lorsque la technologie redessine les guerres : le Soudan comme modèle de l’escalade des conflits par procuration
-
Massacre de l’hôpital d’Ed-Daein : intensification du ciblage des infrastructures de santé dans la guerre au Soudan
-
Bombardement de l’hôpital d’Ed-Daein : une escalade militaire qui suscite des craintes quant au ciblage des infrastructures de santé dans la guerre au Soudan
