Iran

Le régime iranien sous les bombardements : contrôle affaibli, divisions et peur


La stratégie consistant à cibler les dirigeants des premier et deuxième rangs a frappé le régime iranien et provoqué une fracture de commandement « difficile à réparer », affaiblissant ainsi l’emprise du régime.

Le journal The New York Times a rapporté, citant des responsables au fait des évaluations des services de renseignement occidentaux, que la guerre en Iran a provoqué des divisions au sein du gouvernement iranien, compliquant sa capacité à prendre des décisions et à coordonner des attaques de grande envergure.

Des dizaines de commandants iraniens et leurs adjoints ont été tués depuis le début de la guerre il y a quatre semaines. Les survivants rencontrent des difficultés pour communiquer et ne peuvent pas se réunir en personne, par crainte que leurs appels ne soient interceptés par les États-Unis ou Israël et qu’ils ne soient pris pour cibles lors d’une frappe aérienne, selon des sources dont le journal n’a pas révélé l’identité.

La capacité du gouvernement à planifier de nouvelles stratégies ou politiques s’est réduite, tandis que les appareils sécuritaires et militaires iraniens poursuivent leurs activités.

L’administration du président américain Donald Trump a annoncé qu’« un nouveau gouvernement prend les rênes en Iran, et nous faisons pression sur lui pour parvenir rapidement à un accord ».

En parallèle, avec l’arrivée de nouveaux dirigeants à des postes clés, les négociateurs iraniens pourraient avoir une connaissance limitée de ce que le gouvernement est prêt à concéder, voire de l’identité des interlocuteurs avec lesquels ils doivent négocier, selon le journal.

De plus, des responsables américains indiquent que les éléments les plus radicaux au sein du Corps des gardiens de la révolution islamique sont devenus plus influents en Iran, exerçant une autorité supérieure à celle de la direction religieuse qui détient officiellement le pouvoir.

Lundi, le président Donald Trump a menacé d’élargir le champ de la guerre si aucun accord n’était conclu rapidement, laissant entendre que les forces américaines pourraient tenter de s’emparer de l’île de Kharg, principal centre d’exportation de pétrole de l’Iran.

« La peur de la surveillance »

Par ailleurs, les intrusions subies par les réseaux de communication iraniens ont provoqué un climat de confusion et de méfiance parmi les dirigeants gouvernementaux encore en vie, qui craignent que leurs appels et messages aient été interceptés par les services de renseignement israéliens, ont déclaré des responsables au journal.

En conséquence, ces dirigeants hésitent désormais à passer des appels, selon des responsables au fait des évaluations du renseignement occidental.

Israël a lancé la guerre par une frappe contre un complexe de commandement qui a entraîné la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei, ainsi que de la majeure partie de la direction de la sécurité nationale. La frappe a également tué des responsables de rang inférieur que les États-Unis considéraient comme plus pragmatiques, ont indiqué des responsables américains.

Trump lui-même a déclaré dans des entretiens que des candidats potentiels à la direction de l’Iran avaient été tués.

Selon des responsables occidentaux et d’autres personnes informées des évaluations sur l’Iran, les frappes ont rompu de nombreux liens entre les décideurs dans les domaines sécuritaire, militaire et civil.

Il reste incertain dans quelle mesure le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, exerce un contrôle sur le gouvernement, celui-ci ne s’étant pas montré publiquement depuis sa prise de fonctions.

Entre-temps, certains responsables du renseignement estiment que Khamenei pourrait n’être qu’une figure symbolique et que la direction restante du Corps des gardiens de la révolution islamique serait celle qui prend réellement les décisions.

Un haut responsable militaire américain a déclaré au journal que le commandement et le contrôle iraniens avaient été gravement endommagés par les frappes américaines et israéliennes.

Par conséquent, les attaques iraniennes n’ont pas été aussi importantes ou efficaces qu’elles auraient pu l’être. Les commandements locaux du pays sont contraints de lancer des contre-attaques sans coordination, en l’absence d’un contrôle centralisé. Cette situation se répercute également sur l’apparition de messages contradictoires dans les négociations menées par l’Iran, ce qui suscite l’irritation de Washington.

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