L’Iran propose des concessions sur le nucléaire sous conditions et campe sur ses missiles
Dans un contexte de montée des tensions entre Washington et Téhéran, marqué par un renforcement de la présence navale américaine au Moyen-Orient, l’Iran a réaffirmé sa disposition à s’engager dans un processus de négociation avec les États-Unis garantissant qu’elle ne se dotera pas d’armes nucléaires, à condition que les sanctions soient levées.
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Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que son pays était prêt à adopter un accord « garantissant l’absence d’armes nucléaires en échange de la levée des sanctions », soulignant que Téhéran privilégie toujours la voie du dialogue et de la diplomatie malgré un climat tendu.
Dans un message publié samedi sur la plateforme X, Araghchi a ajouté que l’Iran était ouvert à la communication avec les pays de la région dans le cadre de la préservation de la sécurité et de la stabilité, faisant référence au rôle régional que Téhéran cherche à affirmer parallèlement à tout éventuel processus de négociation avec Washington.
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Aucune base actuelle pour des négociations
Dans le même contexte, le chef de la diplomatie iranienne a affirmé, lors d’une visite à Istanbul vendredi, que son pays soutenait les efforts turcs visant à instaurer la paix et la stabilité dans la région, soulignant l’importance de la désescalade régionale et de la création d’un climat favorable à tout dialogue politique.
Cependant, Araghchi a insisté, dans une interview accordée à CNN Türk, sur le fait qu’« il n’existe actuellement aucune base sérieuse pour des négociations avec l’Amérique », estimant que Téhéran juge indispensable de mettre fin aux menaces et aux pressions avant toute discussion réelle.
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Lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue turc Hakan Fidan, Araghchi a annoncé la disposition de l’Iran à reprendre les pourparlers nucléaires avec Washington « sur un pied d’égalité », à condition que les négociations soient équitables et justes, tout en affirmant que les capacités défensives et balistiques de l’Iran « ne sont pas négociables ».
Un ultimatum américain flou
Ces déclarations interviennent dans un climat régional extrêmement tendu, alors que des initiatives turques et arabes cherchent à contenir l’escalade, notamment après les propos du président américain Donald Trump, qui a affirmé vendredi soir avoir accordé à l’Iran un délai pour négocier, sans en révéler les modalités.
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S’adressant aux journalistes dans le Bureau ovale, Trump a déclaré : « Je peux dire qu’ils veulent conclure un accord », ajoutant que Téhéran est la seule à connaître la nature du délai qui lui a été accordé. Il a poursuivi : « Nous espérons parvenir à un accord, ce serait préférable, et si cela n’arrive pas, nous verrons ce qui se passera. »
Le président américain avait auparavant exprimé son souhait d’éviter une action militaire contre l’Iran, tout en avertissant que « le temps presse », dans un ton rappelant des scénarios antérieurs ayant précédé des frappes américaines contre des installations nucléaires iraniennes.
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Ces dernières semaines, Washington a renforcé son déploiement militaire dans la région en envoyant un groupe naval conduit par le porte-avions USS Abraham Lincoln, que Trump a qualifié de « flotte très puissante », supérieure en ampleur au dispositif américain déployé au large du Venezuela.
Inquiétude israélienne face à un cadre de négociation limité
De leur côté, des médias israéliens ont rapporté que Tel-Aviv observe avec inquiétude les informations selon lesquelles l’attention du président américain se concentrerait sur le programme nucléaire iranien et la répression des manifestations, sans inclure le programme balistique.
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Selon ces sources, Israël cherche à intégrer le dossier des missiles balistiques dans toute exigence américaine, le considérant comme une menace directe pour sa sécurité, en particulier après que l’Iran a lancé des centaines de missiles balistiques lors de la guerre de la mi-année dernière, frappant des villes et des bases militaires israéliennes et causant d’importantes destructions.
Des estimations israéliennes indiquent que l’Iran a commencé à développer son arsenal de missiles dans la phase post-conflit, ce qui complexifie davantage la situation régionale et soumet d’éventuelles négociations à de nouveaux défis.
