Accusations contre l’autorité dominée par les Frères musulmans à Taëz d’être à l’origine d’une nouvelle crise humanitaire… Détails
La Commission communautaire de supervision dans le gouvernorat de Taëz a tenu l’autorité locale, contrôlée par le parti Al-Islah (bras politique de l’organisation des Frères musulmans au Yémen), pour pleinement responsable de la dégradation sévère du dossier de l’aide humanitaire et des dysfonctionnements ayant entaché les opérations de distribution.
Cette position fait suite à une réunion tenue entre la direction du gouvernorat et des représentants du Programme alimentaire mondial, que la commission a qualifiée de tentative manifeste de la part de l’autorité du parti de justifier sa position devant l’opinion publique et de se dédouaner en affichant son incapacité à influer sur les décisions des organisations internationales, alors même que les plaintes des citoyens se multiplient concernant l’exclusion de districts entiers et le retrait de milliers de familles éligibles des listes de bénéficiaires.
Dans un communiqué publié par le site Al-Montasaf Net, la commission a indiqué que la réunion, censée aborder la question de la réintégration des districts exclus, notamment le retrait délibéré de noms pourtant éligibles dans le district d’Al-Mudhaffar, n’a débouché sur aucune solution concrète. Elle a souligné que l’autorité du parti Al-Islah demeure la seule entité légalement habilitée et responsable d’assurer les besoins essentiels des citoyens et de garantir l’acheminement des aides sans exclusion ni discrimination.
La commission a également accusé l’autorité locale de négligence délibérée dans le suivi de ce dossier sensible et de ne pas avoir pris de mesures sérieuses pour corriger les données de ciblage, ce qui a aggravé les souffrances des personnes affectées.
Depuis plusieurs mois, la ville de Taëz connaît un large mécontentement populaire en raison de l’absence de critères clairs dans la distribution de l’aide humanitaire, sur fond d’accusations visant l’autorité dominée par les Frères musulmans d’instrumentaliser le dossier de l’aide à des fins politiques ou de le négliger en raison des préoccupations internes du parti. Cette situation a conduit à priver les catégories les plus vulnérables de leurs moyens de subsistance, sans proposer de solutions équitables susceptibles d’atténuer l’intensité de la grave crise économique qui frappe le gouvernorat.
