Les Forces démocratiques syriennes maintiennent leur emprise sur l’administration de Hassaké, al-Charaa menace d’escalade
Des sources confirment que le président syrien a proposé à Mazloum Abdi le poste de vice-ministre de la Défense ainsi que la nomination d’un gouverneur pour Hassaké, en échange de l’éloignement des FDS du Parti des travailleurs du Kurdistan.
Les négociations entre le président syrien Ahmad al-Charaa et Mazloum Abdi, chef des Forces démocratiques syriennes, au sujet de l’avenir de l’administration de Hassaké, se sont poursuivies pendant cinq heures, au cours desquelles ce dernier a insisté pour que la gestion de la province demeure entre les mains de son organisation, tandis qu’al-Charaa brandissait la menace d’une option militaire, selon plusieurs rapports concordants.
La plateforme « Al-Jazeera Syrie Maintenant » a rapporté, citant des sources privées non identifiées, lundi soir, que les pourparlers sur Hassaké avaient duré cinq heures entre le président al-Charaa et Mazloum Abdi. Le premier aurait proposé au second le poste de vice-ministre de la Défense et la désignation d’un gouverneur pour Hassaké, en contrepartie de la neutralisation des FDS vis-à-vis du Parti des travailleurs du Kurdistan.
Elle a précisé que cela s’était produit lors d’une rencontre marquée par des négociations intensives sur l’avenir de l’administration de la province de Hassaké, sans préciser le lieu. Les sources ont indiqué qu’al-Charaa avait conditionné l’entrée des forces de sécurité intérieure dans la ville, tandis qu’Abdi insistait pour maintenir le contrôle administratif total des FDS.
Elles ont souligné que le président syrien avait refusé d’accorder à Abdi un délai de cinq jours pour consultation, exigeant une réponse définitive avant la fin de la journée, tout en menaçant de recourir à une solution militaire et d’informer la communauté internationale de son retrait des négociations.
De nombreux éléments indiquent que les dirigeants des FDS ont été surpris par la position américaine, perçue comme un feu vert donné à l’armée syrienne pour progresser davantage à l’est de l’Euphrate, position que al-Charaa a cherché à exploiter sur le terrain.
Lundi, Abdi a réaffirmé son attachement à ce qu’il a qualifié d’« acquis du peuple », expliquant que la décision de se retirer de Raqqa et de Deir ez-Zor s’inscrivait dans une volonté de mettre fin aux effusions de sang et de protéger les civils, tout en procédant à un redéploiement des forces dans la province de Hassaké.
Dans des déclarations à la chaîne Ronahi, il a insisté sur le fait que ces acquis resteraient défendus et protégés, précisant que le choix du retrait ne constituait pas un recul, mais une démarche réfléchie visant à épargner à la région de nouvelles pertes humaines.
Il a expliqué que les affrontements avaient été imposés à ses forces malgré leurs tentatives répétées d’enrayer les attaques, entamées le 6 janvier, affirmant que la guerre avait causé des morts parmi les forces militaires et de sécurité, ainsi que le déplacement de plusieurs familles.
Il a indiqué qu’avant son départ pour Damas, prévu plus tard dans la journée, il avait tenu à clarifier plusieurs positions, réaffirmant la poursuite de la résistance et de la lutte, et soulignant que ses forces disposaient des capacités et de la détermination nécessaires pour continuer l’affrontement, avec une conviction inébranlable de parvenir à la victoire.
Il a ajouté que ses forces avaient fait tout leur possible pour éviter le déclenchement de la guerre, mais que d’autres parties avaient pris la décision de l’affrontement à l’avance.
Il a conclu en affirmant que les détails de l’accord signé avec le président syrien par intérim Ahmad al-Charaa seraient ultérieurement précisés, de manière plus complète et plus claire, après son retour de Damas.
Ces développements interviennent alors que l’armée syrienne a annoncé la prise de contrôle de la ville de Shaddadi et de sa prison dans la campagne de Hassaké, au nord-est du pays, ainsi que le lancement d’opérations de poursuite contre des éléments de l’organisation État islamique libérés par les FDS.
Dimanche soir, le président al-Charaa a signé un accord de cessez-le-feu avec les FDS et d’intégration de leurs combattants au sein du gouvernement.
Parmi les quatorze principaux points de l’accord figure également l’intégration de l’administration chargée des détenus et des camps de l’organisation État islamique, ainsi que des forces responsables de la protection de ces installations, au sein de l’État syrien, qui en assume désormais l’entière responsabilité juridique et sécuritaire.
L’accord est intervenu à la suite d’une opération militaire lancée par l’armée syrienne il y a quelques jours, grâce à laquelle elle a repris de vastes zones de l’est et du nord-est du pays, après de multiples violations par les FDS des accords conclus avec le gouvernement dix mois auparavant et leur refus d’en appliquer les dispositions.
Les FDS avaient refusé de mettre en œuvre l’accord de mars 2025 avec le gouvernement syrien, qui prévoyait le respect de la composante kurde dans le cadre de droits égaux pour toutes les composantes du peuple, ainsi que l’intégration des institutions civiles et militaires du nord-est du pays dans l’administration de l’État.
L’administration du président syrien Ahmad al-Charaa déploie des efforts intensifs pour rétablir la sécurité et étendre son contrôle à l’ensemble du territoire syrien depuis la chute du régime de Bachar al-Assad, le 8 décembre 2024.
