Politique

Les prisons de Daech en Syrie suscitent les inquiétudes de l’Irak : vigilance et mesures aux frontières


Les autorités irakiennes surveillent de près la situation le long de leur frontière occidentale avec la Syrie et se préparent à faire face à un double risque, à mesure que les événements s’accélèrent dans le pays voisin.

En Syrie, le retrait des Forces démocratiques syriennes, connues sous l’acronyme FDS, de Deir ez-Zor et de Raqqa, conformément à l’accord annoncé dimanche dernier, a de nouveau attiré l’attention sur le dossier des prisons abritant des membres de l’organisation terroriste Daech.

Dimanche, le président syrien Ahmad Al-Char‘a a annoncé la conclusion d’un accord avec les FDS, après que les forces gouvernementales ont progressé à leurs dépens dans plusieurs régions du nord et de l’est du pays au cours des derniers jours.

Parmi les quatorze clauses de l’accord figurent l’intégration des forces des FDS et des forces de sécurité kurdes au sein des ministères de la Défense et de l’Intérieur, ainsi que la remise par l’administration autonome kurde des gouvernorats de Deir ez-Zor et de Raqqa au gouvernement, lequel prendra en charge le dossier des détenus de Daech et de leurs familles actuellement sous la garde des Kurdes.

Les craintes irakiennes face au « double danger »

Dans ce contexte, des inquiétudes irakiennes ont émergé concernant le transfert clandestin de combattants des FDS et du Parti des travailleurs du Kurdistan vers le territoire irakien, ce qui pourrait servir de prétexte à une intervention militaire dans le nord de l’Irak, selon la chaîne Al-Sumaria News.

La chaîne a indiqué que « depuis le recul des FDS dans le nord-est de la Syrie et la multiplication des scènes d’ouverture de certaines prisons, les interrogations et les craintes irakiennes concernant cette nouvelle réalité ne cessent de croître ».

Les estimations indiquent qu’environ 12 000 membres de Daech sont détenus par les FDS, principalement dans les prisons d’Al-Chaddadi et d’Al-Baghuz, où les forces du gouvernement de Damas ne sont jamais entrées.

Bien que les prisons de Daech et le camp d’Al-Hol demeurent sous le contrôle des FDS, ce nombre inquiète Bagdad, car il représente quatre fois le nombre actuel de combattants actifs de l’organisation en Irak et en Syrie, et six fois celui des combattants actifs en Irak .

Malgré l’annonce de la défaite de Daech en Irak il y a huit ans, certaines de ses cellules restent actives dans plusieurs régions et mènent des attaques visant notamment les forces de sécurité dans des zones reculées en dehors des villes.

Face à cette nouvelle réalité, Al-Sumaria News a souligné que l’armée irakienne a commencé à renforcer ses effectifs le long de la frontière, tandis que le chef du courant national chiite, Moqtada al-Sadr, a appelé à sécuriser les frontières.

Selon la chaîne, les craintes irakiennes portent sur « la possibilité que des combattants des FDS et du Parti des travailleurs du Kurdistan se réfugient au Kurdistan irakien, ce qui pourrait à terme susciter d’autres inquiétudes liées au fait que la nouvelle Syrie et ses forces disposent de prétextes pour pénétrer dans le nord de l’Irak ou y mener des opérations militaires afin de poursuivre les combattants du PKK ».

Elle a ajouté que « d’autres préoccupations se sont accrues avec les images de l’ouverture de plusieurs prisons, après que les forces d’Al-Char‘a ont commencé à prendre le contrôle de zones qui étaient sous la domination des FDS depuis plus de dix ans ».

Coopération syro-américaine

Une coalition internationale dirigée par les États-Unis mène, depuis plusieurs mois, des frappes aériennes et des opérations terrestres en Syrie visant des éléments soupçonnés d’appartenir à Daech, avec la participation fréquente des forces de sécurité syriennes.

Damas coopère avec la coalition internationale conduite par Washington dans la lutte contre Daech, après la conclusion d’un accord à la fin de l’année dernière lors de la visite du président syrien Ahmad Al-Char‘a à la Maison-Blanche.

En décembre dernier, le ministère syrien de l’Intérieur a annoncé qu’un kamikaze soupçonné de liens avec Daech avait tenté de viser une église dans la ville d’Alep, dans la nuit du Nouvel An, avant de faire exploser sa ceinture près d’une patrouille de sécurité, tuant l’un de ses membres et en blessant deux autres.

Cette attaque est survenue alors que les autorités syriennes renforçaient leur coopération avec les forces américaines dans la confrontation avec l’organisation terroriste.

Au cours du même mois, deux soldats américains et un interprète civil ont été tués en Syrie par un individu soupçonné d’appartenir à Daech, qui avait pris pour cible un convoi de forces américaines et syriennes avant d’être abattu.

L’armée américaine a riposté en menant des frappes de grande envergure contre des dizaines de cibles de l’organisation dans le pays.

 

 

 

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