Restriction des diffusions avant la présidentielle : l’Ouganda se prémunit contre le scénario 2021
Dans une démarche préventive avant les élections générales prévues le 15 janvier, le gouvernement ougandais a annoncé l’imposition de restrictions sur les diffusions en direct.
Ces restrictions concernent les actes de désordre, les incidents violents et les manifestations non autorisées, dans le cadre d’une mesure visant à réduire les tensions et à prévenir la propagation de la panique pendant la période électorale.
Le ministère ougandais des Médias et des Technologies de l’information et de la communication a déclaré dans un communiqué officiel que ces mesures s’inscrivent dans les efforts pour renforcer la discipline médiatique et garantir un environnement électoral stable, soulignant que la phase actuelle exige un engagement professionnel élevé de la part des médias.
Le scénario 2021
Malgré les engagements officiels, l’atmosphère électorale demeure marquée par des préoccupations en matière de droits humains. Les organisations de défense des droits rappellent les événements de l’élection de 2021, qui avaient entraîné des morts lors d’opérations de sécurité controversées, accusations déjà démenties par le gouvernement.
Le communiqué cite le directeur exécutif de l’Autorité ougandaise des communications, Nyombi Thembo, affirmant que les élections exigent un journalisme responsable, ne devant pas se transformer en outil d’exploitation politique, d’incitation à la violence ou de diffusion du chaos, et soulignant que l’Autorité ne tolérera aucune pratique susceptible de menacer la paix sociale.
L’Autorité a précisé que sont interdits : la couverture en direct des émeutes ou incidents violents, la diffusion de tout contenu incitant à la haine ou à la violence via les médias ou les plateformes numériques, ainsi que l’annonce non officielle des résultats électoraux, compétence réservée exclusivement à la Commission électorale ougandaise.
Elle a averti que de tels abus peuvent mettre des vies en danger et compromettre la stabilité nationale, et que toute violation relative à des diffusions incitatives ou à la publication de résultats non officiels sera sanctionnée sévèrement conformément à la législation en vigueur.
Ces mesures interviennent parallèlement aux engagements des autorités sécuritaires de garantir des élections pacifiques. L’inspecteur général de la police, Abbas Byakagaba, a affirmé que les forces de sécurité veilleront au maintien de l’ordre et à un environnement sûr, appelant les citoyens au respect de la loi et à contribuer à la consolidation de la stabilité.
Le président ougandais, Yoweri Museveni, a quant à lui insisté sur le fait que la sécurité ne sera pas compromise durant les élections, affirmant que le scrutin se déroulera dans des conditions optimales et appelant les citoyens à préserver la paix et à respecter les lois.
Museveni, âgé de 81 ans, brigue un nouveau mandat pour le compte du Mouvement de résistance nationale, face à son principal concurrent Robert Kyagulanyi Sentamu, connu sous le nom de « Bobi Wine », chef du Parti de la Plateforme de l’unité nationale, après des modifications constitutionnelles antérieures ayant levé les restrictions sur le nombre de mandats présidentiels et l’âge minimum pour se présenter.
À une semaine de la fin officielle des campagnes avant le silence électoral, tous les regards se tournent vers le jour du vote dans un paysage politique diversifié regroupant huit candidats, dont des figures de l’opposition notables, dans une course dont l’avantage demeure en faveur du parti au pouvoir, tandis que les autorités s’efforcent de contrôler le cadre médiatique et sécuritaire pour éviter tout débordement potentiel.
