Tripoli au bord d’une nouvelle confrontation au milieu de mouvements militaires

La nouvelle flambée de tensions militaires est perçue comme une tentative de forces alliées au Premier ministre Abdelhamid Dbeibah d’aggraver la situation, dans le but de faire échouer les efforts onusiens visant à organiser des élections.
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Les événements s’accélèrent en Libye occidentale sur fond d’escalade sécuritaire sans précédent, marquée par un déploiement massif de forces armées et des mouvements sur le terrain qui rappellent les épisodes de guerre interne dont la capitale a souvent souffert. La ville de Zaouïa, à l’ouest de Tripoli, a été le théâtre d’affrontements sanglants entre groupes armés, laissant plusieurs morts et blessés, tandis que les regards se tournent désormais vers des mobilisations continues qui pourraient préluder à une bataille plus vaste au cœur même de Tripoli.
Des sources locales ont confirmé que Zaouïa a connu une nuit violente mercredi, lorsque deux factions armées se sont affrontées avec des armes lourdes et moyennes dans des quartiers résidentiels, faisant quatre morts et plus de dix blessés. Malgré des tentatives d’apaisement, la ville reste sous tension, en l’absence d’une réelle intervention des autorités, qui n’y exercent plus de contrôle effectif depuis plusieurs années.
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Selon les mêmes sources, le conflit armé résulte d’anciennes rivalités entre les deux groupes, ravivées par un différend concernant un véhicule volé. Bien que le prétexte immédiat paraisse mineur, les observateurs estiment que cet affrontement révèle la complexité du paysage sécuritaire et souligne la fragilité du contrôle gouvernemental sur l’ouest libyen.
À Tripoli, les dernières heures ont été marquées par des mouvements militaires inhabituels, parallèlement à des réunions sécuritaires à huis clos. Parmi elles, une rencontre tenue dans le quartier d’Andalous par Ibrahim Dbeibah, conseiller à la sécurité nationale et neveu du Premier ministre, avec des chefs de milices de l’ouest libyen. Les discussions ont porté sur la préparation d’une éventuelle bataille destinée à affaiblir les opposants au gouvernement sortant.
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Ibrahim Dbeibah a assuré que des groupes armés de Misrata étaient prêts à participer à tout affrontement futur afin de bloquer ce qu’il a décrit comme une tentative des Nations unies d’imposer une feuille de route politique contraire aux intérêts de « l’autorité en place », en référence directe au plan récemment présenté au Conseil de sécurité par l’envoyée spéciale Hanna Tetteh.
D’après des fuites, la direction du gouvernement à Tripoli considère l’initiative onusienne comme une menace directe à sa survie et cherche à consolider ses positions par des manœuvres militaires préventives.
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Sur le terrain, des convois militaires ont été aperçus circulant entre Misrata et Tripoli, annonçant peut-être une offensive plus large. Des rapports indiquent également que la force conjointe de Misrata a attaqué le quartier général de la brigade 166, relevant de l’état-major et chargée de maintenir la paix, s’emparant de plusieurs véhicules militaires.
Le commandant de cette brigade, Mohamed al-Hassan, a menacé de se retirer de la capitale si le matériel saisi n’était pas restitué. Ses troupes sont toutefois revenues à leurs positions, dans une tentative de calmer la situation, réaffirmant que leur mission se limitait à protéger les civils et à empêcher une nouvelle confrontation.
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Dans le même contexte, des sources rapportent que le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah a donné un ultimatum à la Force spéciale de dissuasion pour qu’elle évacue l’aéroport de Mitiga et libère des détenus accusés de terrorisme, ce qui traduit une volonté claire d’escalade si ses exigences ne sont pas satisfaites.
Les réactions à ces développements n’ont pas tardé. Plusieurs responsables locaux ont exprimé leur inquiétude face au risque de replonger le pays dans un cycle de guerre interne. Oussama Jouili, commandant de la région militaire de l’Ouest, a déclaré que toute action armée à Tripoli compromettrait les efforts de règlement politique et plongerait la capitale dans davantage de chaos.
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De son côté, le Conseil social de Souk al-Jouma a appelé à la désescalade, avertissant que le recours aux armes interromprait la feuille de route de l’ONU, censée aboutir à la formation d’un gouvernement unifié et à l’organisation d’élections nationales pour mettre fin à la division. Hicham Ben Youssef, coordinateur du conseil, a insisté sur leur soutien total au processus onusien, estimant que seule une solution politique peut épargner aux Libyens davantage de sang et d’effondrement.
Sur le plan politique, la tension s’est également accrue. Le mouvement des habitants de Souk al-Jouma a accusé le gouvernement Dbeibah et le ministre d’État à la Communication, Walid al-Lafi, de tenter de manipuler les résultats des élections municipales après la défaite de listes proches du pouvoir.
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Dans un communiqué virulent, ils ont dénoncé les recours déposés par le gouvernement comme une tentative de brouiller les cartes et de saper la volonté des électeurs, affirmant qu’ils ne permettraient pas un « coup politique » contre les urnes, preuve selon eux de l’incapacité du gouvernement actuel à obtenir une véritable légitimité populaire.
Face à ces évolutions rapides, des observateurs n’excluent pas que Tripoli soit au bord d’un nouveau conflit armé si la communauté internationale ne parvient pas à imposer une désescalade. Dans un pays dépourvu d’institutions unifiées et d’une armée professionnelle, une nouvelle dérive militaire pourrait anéantir le peu de stabilité restante et ramener la Libye à des années de sang et de division.