La rue yéménite brise les restrictions imposées par les Frères musulmans… De quoi s’agit-il ?
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Des manifestations pacifiques menées par des enseignants et des citoyens mécontents de la détérioration des conditions de vie dans la ville de Taïz ont brisé les restrictions imposées par les Frères musulmans, qui constituent un obstacle à tout mouvement de rue au Yémen, en particulier dans les zones sous leur contrôle.
Selon des observateurs cités par le journal Al-Amn, les récentes manifestations des enseignants revendiquant une régularisation de leur situation, ainsi que celles de jeunes protestataires dénonçant la corruption à Taïz, ont constitué un choc pour les Frères musulmans du Yémen. Depuis 2011, ces derniers monopolisent l’orientation du mouvement populaire et sa force au profit de leur propre agenda politique.
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Face à la montée des protestations, les Frères musulmans, représentés par le parti Al-Islah, ont tenté de réagir en faisant pression sur la police de Taïz, qui est sous leur contrôle, pour imposer l’application de la loi n° 29 de 2003 sur l’organisation des manifestations et des marches. Ils ont menacé de prendre des mesures juridiques contre toute personne ne respectant pas cette réglementation, avant de reculer sous la pression des partis politiques et des syndicats.
La police de Taïz, fidèle aux Frères musulmans, avait initialement exigé un permis de sécurité préalable pour toute manifestation ou marche, au moins trois jours à l’avance, précisant la date, l’heure, le lieu de rassemblement, l’itinéraire, ainsi que les objectifs et les slogans prévus. Cette exigence a été dénoncée par les partis politiques, qui l’ont qualifiée de « restriction flagrante » à la liberté d’expression.
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Cette décision a déclenché une vague d’indignation, notamment de la part des partis politiques qui l’ont considérée comme une atteinte manifeste à la liberté d’expression et une violation du droit des citoyens à manifester pacifiquement sans autorisation préalable.
En réponse, ces partis politiques ont appelé leurs partisans à descendre dans la rue pour exprimer leur solidarité avec les revendications légitimes des enseignants, qui réclament une amélioration des salaires, le versement des primes et la régularité des paiements.
Depuis janvier et février, la ville de Taïz a été le théâtre de nombreuses manifestations et sit-in, dénonçant la détérioration des services publics, les conditions de vie précaires et l’effondrement économique.