Washington poursuit son renforcement militaire pour faire pression sur l’Iran
Les États-Unis ont secrètement envoyé des milliers de terminaux Starlink en Iran afin de fournir un accès à Internet, en soutien aux manifestants.
Les États-Unis envisagent de déployer un nouveau porte-avions au Moyen-Orient dans le cadre des préparatifs d’une éventuelle attaque contre l’Iran, selon le New York Times, et ce malgré les discussions en cours à Mascate et les médiations visant à apaiser les tensions et à parvenir à des arrangements. Parallèlement, l’administration américaine poursuit son soutien aux manifestants réclamant la chute du régime iranien.
Le New York Times a rapporté jeudi, citant quatre responsables américains, que le porte-avions USS Gerald R. Ford, actuellement déployé dans les Caraïbes, serait envoyé au Moyen-Orient avec les navires qui l’accompagnent, sans préciser sa destination finale.
Les responsables, dont les noms n’ont pas été divulgués, ont indiqué que le porte-avions et son groupe d’escorte ne regagneraient pas leur port d’attache avant le début du mois de mai prochain.
Selon le journal, l’USS Gerald R. Ford et les navires qui l’accompagnent rejoindront le groupe aéronaval de l’USS Abraham Lincoln, actuellement présent au Moyen-Orient, alors que la pression sur Téhéran s’intensifie et que l’option militaire continue d’être évoquée.
Mardi, le président américain Donald Trump a déclaré qu’il envisageait d’envoyer un second porte-avions dans la région en cas d’échec des négociations nucléaires avec l’Iran.
Le 26 janvier, le Commandement central des États-Unis (Centcom) avait annoncé le déploiement de l’USS Abraham Lincoln au Moyen-Orient « en soutien à la sécurité et à la stabilité régionales ».
Vendredi dernier, Donald Trump a qualifié de « très bonne » la première série de négociations indirectes avec l’Iran à Mascate, affirmant que Téhéran avait clairement manifesté sa volonté de conclure un nouvel accord et que les deux parties prévoient de se rencontrer à nouveau la semaine suivante.
Téhéran estime pour sa part que Washington et Israël fabriquent des prétextes pour intervenir et provoquer un changement de régime. L’Iran menace de répondre à toute attaque militaire, même limitée, et exige la levée des sanctions économiques occidentales en échange d’une limitation de son programme nucléaire.
De son côté, Washington demande à l’Iran de mettre fin totalement à ses activités d’enrichissement d’uranium et de transférer hors du pays l’uranium hautement enrichi.
Dans la poursuite de sa politique de pression et de soutien aux manifestants, le Wall Street Journal a rapporté, citant des responsables américains, que les États-Unis avaient secrètement envoyé des milliers de terminaux satellites Starlink en Iran afin de rétablir l’accès à Internet, coupé lors des récentes manifestations.
Selon ces responsables, environ 6 000 terminaux Starlink ont été introduits clandestinement en Iran après que les autorités ont restreint l’accès à Internet dans le pays.
Ils ont précisé qu’il s’agissait de la première opération au cours de laquelle les États-Unis envoyaient directement des terminaux Starlink en Iran.
Au cours des derniers mois, et notamment en janvier, le département d’État américain aurait acheté environ 7 000 terminaux Starlink pour aider les militants iraniens à contourner les coupures d’Internet.
Les responsables ont indiqué que Donald Trump était informé de l’envoi, sans que l’on sache clairement quelle instance a approuvé le plan ni comment les équipements ont été introduits sur le territoire iranien.
Des manifestations ont éclaté en Iran fin décembre 2025 et se sont poursuivies pendant près de deux semaines, sur fond de forte dépréciation de la monnaie nationale et d’aggravation de la crise économique.
Les protestations ont débuté dans la capitale, Téhéran, avant de s’étendre à plusieurs villes. Le président du pays, Massoud Pezeshkian, a reconnu le mécontentement populaire et promis d’œuvrer à l’amélioration de la situation.
Certains manifestants avaient demandé au milliardaire américain Elon Musk de fournir, par l’intermédiaire de Starlink, un accès Internet par satellite à l’ensemble du territoire iranien, après les restrictions imposées par les autorités.
En réaction, les services de sécurité iraniens ont intensifié leurs efforts pour localiser les terminaux Starlink, qu’ils estiment avoir été introduits illégalement dans le pays.
L’Iran est parvenu dans une large mesure à bloquer le service Internet fourni par Starlink, qui est interdit sur son territoire.
Le 27 janvier, le chef de la police de la sécurité économique iranienne, Hossein Rahimi, a annoncé la saisie de 108 terminaux Starlink au cours des neuf derniers mois.
