Violents affrontements à Zawiya en Libye : la rivalité des milices se ravive à l’ouest
Les affrontements entre milices reprennent dans l’ouest libyen dans le cadre d’une lutte continue pour l’influence, malgré des périodes de calme sporadiques qui n’ont pas résisté plus de quelques semaines.
À l’aube de samedi, le quartier de Sayyida Zaynab, dans la ville de Zawiya à l’ouest de la Libye, a connu une dangereuse escalade des combats armés, après l’arrivée de nouveaux renforts militaires en soutien aux parties rivales, faisant craindre une extension des affrontements et une menace directe pour la sécurité des civils.
Des sources locales ont indiqué que les combats se sont intensifiés après l’engagement des milices d’Al-Qasab aux côtés des milices d’Al-Murtah, tandis que les milices d’Al-Far ont soutenu le camp des milices d’Abu Zriba. Ces dernières regroupent plusieurs formations aux allégeances diverses, affiliées au gouvernement d’unité nationale basé à Tripoli, dont le mandat a expiré.
Les mêmes sources ont précisé que les milices ont utilisé des armes moyennes et lourdes à l’intérieur de quartiers résidentiels densément peuplés.
Alertes urgentes
Face à la détérioration rapide de la situation sécuritaire, le Croissant-Rouge libyen – section de Zawiya – a appelé les habitants du quartier de Sayyida Zaynab à faire preuve d’une extrême prudence, exhortant les familles à s’éloigner des fenêtres et des zones de combats afin de préserver leur sécurité.
Dans un message publié sur sa page officielle Facebook, le Croissant-Rouge a invité les citoyens à respecter strictement les consignes de sécurité jusqu’au retour à la normale.
L’organisation a également lancé un appel aux parties belligérantes pour un cessez-le-feu immédiat et l’ouverture de couloirs sécurisés permettant aux équipes d’urgence d’évacuer les familles coincées dans les zones d’affrontements.
Aucune étincelle apparente
Selon une source bien informée, les affrontements ont éclaté sans cause directe ni incident précis pouvant constituer une étincelle évidente de l’escalade. Toutefois, l’ampleur des déploiements militaires et les démonstrations de force laissent penser que les combats dépassent de simples différends locaux et traduisent une tentative d’imposer une domination et d’étendre le contrôle sur la ville.
La source, qui a requis l’anonymat pour des raisons de sécurité, a estimé que le gouvernement d’unité nationale dont le mandat a expiré chercherait à renforcer son influence à Zawiya et à éliminer les milices qui lui sont hostiles, à l’image d’opérations menées précédemment à Tripoli, notamment le démantèlement des milices de Ghnewa Al-Kikli l’an dernier.
La source a ajouté que les milices d’Al-Murtah sont connues pour leurs relations étroites avec Abdel Salam Zubi, vice-ministre de la Défense au sein du gouvernement d’unité nationale, tandis que les milices d’Abu Zriba adoptent une position opposée au gouvernement et sont accusées d’entretenir des liens directs avec des entités politiques rivales.
Prolifération des armes : une menace persistante
Depuis la chute du régime du colonel Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est plongée dans une spirale de fragmentation sécuritaire et de prolifération des armes. Des estimations non officielles font état de plus de 29 millions d’armes en circulation hors du contrôle de l’État.
La ville de Zawiya figure parmi les principaux foyers de ce phénomène, qui compromet les efforts de stabilisation et de reconstruction institutionnelle. Dans le même temps, la raffinerie pétrolière de Zawiya demeure un objectif stratégique sensible, constamment menacé par les répercussions des conflits armés et les manœuvres des milices.
