Une unité féminine israélienne espionne en profondeur en Syrie… Les secrets du site 720
Malgré les pourparlers menés par les États-Unis en coopération avec Israël pour renforcer les relations avec la Syrie, un officier de l’armée israélienne laisse entendre que son pays n’a pas l’intention de quitter la Syrie de sitôt.
Pour répondre à ce qu’elle décrit comme des menaces pesant sur ses forces en Syrie, une unité féminine de renseignement de terrain, relevant de l’armée israélienne, opère à l’intérieur du territoire syrien.
Le journal Jerusalem Post a récemment accompagné un groupe de soldates du renseignement de terrain « qui espionnent des éléments hostiles en Syrie », selon sa formulation. Le quotidien indique qu’il a visité plusieurs sites « sensibles », dont le « site 720 », situé au point de jonction entre Israël, la Syrie et la Jordanie.
Une unité de renseignement féminine
Le journal a interviewé le commandant du bataillon 595, le lieutenant-colonel J, l’officier des opérations, la major M, ainsi que les soldates du renseignement S, D et F – toutes femmes, à l’exception de J – afin de présenter un aperçu détaillé des méthodes d’infiltration à travers le territoire syrien.
Les trois soldates – S, D et F – sont spécialisées dans la collecte de renseignements de terrain grâce à l’usage de drones.
Selon la major M, l’usage des drones s’est considérablement développé depuis la guerre de 2023-2025. Désormais, chaque chef de section, et parfois certains soldats, disposent de leur propre drone pour la collecte de renseignements avancés.
J a précisé que l’une des compétences essentielles consiste à déterminer l’altitude idéale pour faire voler les drones dans des conditions variées.
« Idéalement, on vole le plus bas possible pour obtenir des informations précises et une observation de haute résolution. Mais voler trop bas peut révéler la surveillance, alerter les cibles, leur permettre de s’adapter pour éviter la détection, et ainsi compromettre la collecte discrète des renseignements », explique J.
Le bataillon 595 a contribué à identifier et à poursuivre des Iraniens, des membres du Hamas ainsi que « toute personne susceptible de menacer Israël dans la région syrienne ou à proximité », selon le Jerusalem Post.
S n’imaginait pas devenir soldate combattante et officier de renseignement de terrain. Lors de l’entretien, elle servait depuis deux ans et demi.
Les secrets du site 720
Avant l’« invasion » israélienne en Syrie en décembre 2024 et l’établissement d’une zone tampon, elle avait passé beaucoup de temps sur le territoire syrien, sans toutefois pénétrer profondément en raison de l’absence de bases israéliennes sur place.
Après l’« invasion », elle a passé de longues périodes près du site 720, proche des frontières israélienne, syrienne et jordanienne.
Lorsque la brigade Alexandroni menait des opérations dans la zone, elles s’appuyaient systématiquement sur les renseignements fournis par S et son unité, dont les indications guidaient directement les opérations.
Lors d’une mission, S indique qu’ils ont avancé sur plusieurs kilomètres au-delà de la zone tampon pour fournir un guidage opérationnel au bataillon de parachutistes 890.
Lors d’une autre opération, ils ont observé quatre personnes liées à l’Iran ou à ses réseaux. Chacune devait analyser individuellement le comportement, les déplacements et les habitudes de la personne assignée.
La soldate D
D a expliqué que leurs opérations se déroulent le plus souvent la nuit afin d’éviter d’être repérés et de réduire les risques de confrontation avec des éléments « hostiles ». Ils examinent minutieusement chaque personne entrant ou sortant des bâtiments qu’ils doivent surveiller.
Lors d’une mission, ils ont passé quatre heures à mettre en place un piège pour capturer une personne ciblée et ont expliqué à un groupe de soldats comment empêcher toute tentative de fuite.
La soldate F
F, en service depuis deux ans et deux mois, a participé à l’aide apportée aux forces israéliennes pour reprendre le contrôle de nouvelles zones de la zone tampon en Syrie le 8 décembre dernier.
Elle a également mentionné une opération menée à plusieurs kilomètres à l’intérieur du territoire syrien, au cours de laquelle elle a collaboré avec les parachutistes dans de larges opérations.
En juillet dernier, l’armée israélienne a reconnu son échec à empêcher un grand nombre de Druzes israéliens de franchir la frontière syrienne. Cependant, J et d’autres officiers supérieurs estiment que la police devrait diriger ce type de situations impliquant des citoyens israéliens.
M ajoute que la collecte d’informations sur les Druzes et la région de Soueida est essentielle pour éviter que l’armée israélienne ne soit prise au dépourvu, comme cela s’est produit auparavant.
Contrer les menaces
Interrogé sur la manière dont les ordres d’arrestation ou d’attaque contre des éléments iraniens près de la frontière ou de la zone tampon sont décidés, J explique que plusieurs facteurs sont pris en compte : les moments où la cible est seule, la présence de personnes susceptibles de compliquer l’intervention, la compréhension du quotidien du village où vit la cible, ainsi que le type de véhicules utilisés.
Selon J, la priorité – arrestation ou élimination – est généralement définie par des officiers de haut rang. Toutefois, si l’opération se complique, il peut modifier les paramètres de la mission.
J mentionne une opération menée en Syrie durant laquelle il avait établi un poste de commandement mobile près des lignes de front afin de faciliter la gestion et la surveillance de la mission.
