Politique

Une seule étape attendue par Trump pour frapper l’Iran


Les regards du monde entier se tournent vers le Moyen-Orient alors que l’administration Trump se prépare à prendre des décisions déterminantes à l’égard de l’Iran, dans un climat marqué par l’incertitude et l’attente.

Selon des informations rapportées par le Washington Post, le président Donald Trump semblerait prêt à lancer une attaque contre l’Iran une fois le dispositif militaire américain pleinement constitué.

Le quotidien cite des responsables américains, actuels et anciens, selon lesquels l’administration Trump paraîtrait disposée à engager une opération militaire d’envergure contre l’Iran, alors même que le Pentagone rassemble une force de frappe considérable au Moyen-Orient, en dépit des risques de pertes parmi les troupes américaines et d’un enlisement dans un conflit prolongé.

Des responsables informés indiquent que l’arsenal, en cours de constitution depuis plusieurs semaines, attend l’arrivée du porte-avions américain USS Gerald R. Ford et de son groupe d’escorte. Les dirigeants militaires auraient, la semaine précédente, prolongé son déploiement et ordonné à ses navires d’appareiller vers la région depuis la mer des Caraïbes.

Selon ces mêmes sources, les bâtiments approchaient jeudi du détroit de Gibraltar, ce qui rendrait une frappe possible dans un délai de quelques jours.

L’ambiguïté de Trump et son délai

Jeudi, le président Trump s’est montré évasif quant à ses intentions. Lors de la réunion inaugurale de son Conseil pour la paix, il a déclaré : « Peut-être parviendrons-nous à un accord, peut-être pas. Vous le saurez dans les dix prochains jours, peut-être. »

Plus tard dans la journée, il a précisé un calendrier allant « de 10 à 15 jours, au maximum ».

Selon un responsable américain informé du dossier, les principaux conseillers de Trump en matière de sécurité nationale se sont réunis mercredi dans la salle de crise pour examiner la situation iranienne. Il leur aurait été indiqué que les forces américaines déployées dans la région atteindraient leur pleine capacité opérationnelle d’ici la mi-mars.

Des responsables ont également souligné que l’administration souhaitait faire savoir publiquement qu’elle renforçait activement ses capacités militaires dans la région.

Le président américain a par ailleurs évoqué publiquement la possibilité d’un renversement du Guide suprême iranien, Ali Khamenei, adversaire déclaré des États-Unis, suggérant la semaine dernière qu’un changement de direction en Iran pourrait constituer « la meilleure chose qui puisse arriver ».

Néanmoins, il demeure incertain que Trump ait donné son feu vert à une action militaire. Certains observateurs mentionnent notamment la tenue des Jeux olympiques d’hiver en Italie, qui s’achèvent dimanche, comme un facteur susceptible d’influencer le calendrier.

Consolidation de la puissance militaire et conséquences potentielles

Daniel Shapiro, ancien ambassadeur des États-Unis en Israël et haut responsable du Pentagone sous l’administration Joe Biden, a estimé que les États-Unis, avec le soutien de leur allié israélien, disposent d’une « supériorité militaire écrasante » face à l’Iran.

Il a ajouté que les navires de guerre déployés au Moyen-Orient ou à proximité rejoignent un dispositif militaire étendu, comprenant des dizaines d’avions de chasse, des systèmes de défense aérienne et d’autres équipements stratégiques.

Cependant, Shapiro a mis en garde contre les risques majeurs d’un conflit d’ampleur avec l’Iran, notamment la menace de missiles balistiques susceptibles de viser des soldats américains stationnés dans la région, l’existence d’un réseau de forces alliées ou supplétives capables d’élargir rapidement le théâtre des opérations, ainsi que la possibilité de perturbations significatives du trafic maritime et du marché mondial du pétrole.

Selon lui, si l’Iran subirait sans aucun doute de lourds dommages en cas de frappes conjointes américano-israéliennes, cela ne signifierait pas pour autant une issue rapide ou sans heurts. L’Iran conserverait la capacité d’infliger des pertes en retour.

Deux sources proches du dossier ont indiqué qu’en cas de préparation finale à une confrontation, certaines forces américaines pourraient être retirées de leurs bases au Moyen-Orient. D’autres unités resteraient sur place afin de protéger les installations contre d’éventuelles représailles, tandis que certaines pourraient être redéployées vers des zones jugées plus sûres en Europe ou aux États-Unis. Le Pentagone aurait déjà adopté par le passé des mesures similaires.

Les négociations peuvent-elles désamorcer la tension ?

Ce renforcement militaire intervient parallèlement à des réunions récentes entre responsables américains et iraniens visant à négocier des ajustements au programme nucléaire iranien.

La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a déclaré cette semaine que les deux parties avaient réalisé « certains progrès », tout en restant « très éloignées d’un accord sur plusieurs points ».

Elle a ajouté que les responsables iraniens étaient censés revenir avec des propositions plus détaillées dans les deux semaines à venir. Il reste toutefois incertain que Donald Trump soit disposé à patienter aussi longtemps.

Selon un diplomate européen informé des discussions avec l’Iran, certains diplomates régionaux avaient initialement estimé que la pression militaire exercée par l’administration Trump visait principalement à contraindre Téhéran à faire davantage de concessions dans le cadre des négociations.

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