Un refus américain catégorique de Nouri al-Maliki bouleverse les calculs du Cadre de coordination
Le département d’État américain a confirmé le maintien de son « veto » à la candidature de Nouri al-Maliki à la tête du gouvernement irakien, sans adopter de position claire concernant les informations évoquant l’octroi d’un délai pour retirer sa candidature.
Washington a redéfini ses lignes rouges concernant la question de la formation du gouvernement irakien, affirmant que le nom du chef de la coalition État de droit, Nouri al-Maliki, demeure exclu de ses options en tant que partenaire acceptable pour la prochaine étape. La position américaine s’est cette fois exprimée sans ambiguïté, alors que des forces politiques irakiennes tentent d’obtenir de l’administration américaine un assouplissement de son opposition traditionnelle à un éventuel retour de Maliki au poste de Premier ministre.
Dans une réponse officielle publiée mercredi et relayée par le site kurde irakien Shafaq News, le département d’État a souligné que sa politique sur ce dossier n’avait subi aucun changement, qualifiant sa position de « constante et ferme ». Cette déclaration répondait à une question journalistique visant à savoir si Washington avait levé le « veto » non déclaré qui accompagne le nom de Maliki depuis des années, ou si elle avait accordé un délai pour le retrait de sa candidature. La réponse américaine a toutefois indiqué l’inverse, affirmant que les critères guidant l’approche des États-Unis à l’égard de la scène irakienne n’avaient pas évolué.
Des sources avaient auparavant affirmé que l’administration américaine avait accordé à la partie irakienne un délai de 48 heures pour retirer la candidature de Maliki, sous peine de prendre des mesures sévères.
Selon le porte-parole du département d’État, citant le président Donald Trump, la nomination de Maliki au poste de Premier ministre « contraindrait le gouvernement américain à réévaluer la relation entre les États-Unis et l’Irak », un avertissement laissant entendre que les répercussions ne seraient pas uniquement politiques, mais pourraient s’étendre à l’ensemble des cadres de coopération bilatérale.
Le message américain a également qualifié un éventuel retour de Maliki de « résultat négatif pour le peuple irakien », reflétant la conviction profondément ancrée à Washington que la prochaine phase nécessite de nouveaux visages et de nouvelles orientations politiques. Le département d’État a articulé sa position autour de trois axes principaux : mettre fin à l’influence des factions armées soutenues par l’Iran dans la vie politique, réduire l’emprise de Téhéran sur les institutions de l’État et établir des partenariats économiques avec des acteurs convergeant avec les objectifs américains dans la région.
Cette position ferme intervient alors que le Cadre de coordination chiite traverse des divisions internes quant à l’identité de son candidat au poste de Premier ministre. Tandis que Maliki maintient son droit à se présenter, certaines composantes de l’alliance estiment qu’insister sur son nom pourrait exacerber les tensions avec Washington et compliquer davantage la situation, notamment au regard du besoin de l’Irak en soutien international, tant économique que sécuritaire.
Des sources politiques évoquent des discussions intensives au sein du Cadre afin de surmonter l’impasse actuelle, dans un contexte où les avertissements américains semblent déjà influencer les calculs de certaines forces. Des noms alternatifs circulent afin d’éviter une confrontation directe avec l’administration américaine, tout en préservant la cohésion de la coalition au pouvoir.
De son côté, Maliki considère que tout retrait de sa candidature doit résulter d’une décision officielle de l’alliance, et non de pressions extérieures. Il fonde sa position sur le poids de son bloc politique et sur son expérience à la tête du gouvernement durant deux mandats consécutifs. Toutefois, ses détracteurs estiment que son retour pourrait raviver des crises antérieures et exposer l’Irak à de nouveaux défis diplomatiques et économiques.
La pression américaine croissante est largement interprétée comme une traduction directe des positions du président Trump, qui n’a jamais dissimulé ses critiques quant à la gestion du pouvoir exécutif durant les années où Maliki dirigeait le gouvernement. Dans ce contexte de fermeté, les options des forces politiques irakiennes apparaissent limitées : poursuivre une candidature susceptible d’ouvrir une phase de tension avec Washington, ou rechercher un compromis interne permettant d’éviter au pays une nouvelle confrontation avec l’un de ses principaux partenaires internationaux.
Ainsi, l’échéance gouvernementale en Irak s’inscrit dans un enchevêtrement de calculs régionaux et internationaux complexes, et l’issue dépendra de la capacité des forces politiques à s’accorder sur un candidat bénéficiant d’un consensus interne tout en épargnant au pays le coût d’un affrontement extérieur potentiel.
