L'Europe

Un rapport parlementaire révèle un rapprochement préoccupant entre La France insoumise et les Frères musulmans


Une commission d’enquête parlementaire a conclu à l’existence d’un rapprochement idéologique et politique documenté entre des députés du parti La France insoumise et des courants de l’islam politique.

Le rapport, long de 650 pages, présente une cartographie détaillée des mécanismes de diffusion des projets de l’islam politique radical et des Frères musulmans en France, tout en recensant des cas de complaisance, à des degrés variables de conscience, de la part de responsables politiques locaux et nationaux.

Selon le quotidien français Le Figaro, les accusations visent plus particulièrement le parti La France insoumise.

Publié mercredi à l’issue de six mois de travaux, le rapport s’appuie sur près de quarante auditions, incluant trois ministres ainsi que des responsables des services de renseignement.

Sans apporter de « révélations » majeures, le document consolide les conclusions d’enquêtes journalistiques parues ces derniers mois et confirme, sur la base de témoignages des services de renseignement, l’existence d’une proximité idéologique parfois marquée entre certains élus, à différents niveaux de responsabilité, et des mouvances proches des Frères musulmans.

Le rôle des services de renseignement

Parmi ses sources, la commission s’est appuyée sur les analyses de la Direction générale de la sécurité extérieure, laquelle a identifié trois axes principaux structurant ce rapprochement, sans que le texte n’en détaille précisément le contenu. Elle souligne toutefois que ce rapprochement se manifeste par des formes discursives, organisationnelles et politiques qui recoupent les agendas de l’islam politique dans l’espace public français.

Le rapport documente également l’expansion de projets islamistes radicaux sur le territoire français à travers une stratégie d’« infiltration » d’organisations participant au jeu électoral.

Les conclusions indiquent que ces liens naissent souvent d’une mauvaise appréciation des objectifs réels de certains individus ou groupes, ou de calculs électoraux classiques qui ne mesurent pas pleinement la portée idéologique des alliances nouées.

Le rapport met en garde contre un phénomène d’infiltration « discret et insidieux » susceptible de toucher l’ensemble des courants politiques.

Des accusations ciblant la gauche radicale

Toutefois, le document distingue ce schéma général de situations jugées plus graves, qu’il estime concentrées au sein des partis de gauche et d’extrême gauche, en particulier La France insoumise.

Il souligne que certains élus sont apparus publiquement aux côtés de personnes promouvant l’idéologie de l’islam politique, voire glorifiant des actes terroristes, pour des raisons électorales ou en raison de convergences idéologiques.

Un chapitre entier est consacré au mouvement de la gauche radicale, placé au cœur de l’analyse de la commission.

S’appuyant sur les témoignages d’experts et de responsables locaux, notamment des préfets de grandes villes, le rapport évoque un discours anticolonial qui tend à présenter l’islam et les communautés musulmanes comme des victimes, accompagné d’une instrumentalisation politique soutenue de ces thématiques.

La commission conclut que cette stratégie a fait de La France insoumise une cible privilégiée de l’entrisme islamiste.

Si la stratégie électorale en tant que telle n’est pas condamnée, elle a conduit certains élus à adopter des positions jugées préoccupantes, voire dangereuses, traduisant une forme de laxisme ou un soutien actif à des individus et réseaux promouvant l’islam politique ou soutenant la violence.

Le rapport gagne en portée avec le témoignage d’un ancien cadre de La France insoumise dans le nord du pays, resté anonyme, qui affirme que la situation actuelle

relève moins d’une infiltration que d’un choix politique délibéré visant à séduire ces électorats pour obtenir des voix décisives au second tour de l’élection présidentielle. Il qualifie cette orientation de « choix cynique » constituant une menace pour la démocratie, notamment lorsqu’elle s’accompagne de proximités avec des États étrangers et de financements extérieurs.

Ce travail parlementaire s’inscrit dans la continuité d’un diagnostic établi par le ministère français de l’Intérieur en mars dernier concernant l’influence des Frères musulmans en France.

Il relance un débat de fond sur les limites de la pragmatique électorale, les risques de politisation du fait religieux et la nécessité de préserver les principes de laïcité et de démocratie.

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