Grand Maghreb

Un rapport met en lumière le rôle du Maroc dans la promotion de la sécurité spirituelle au Sahel


Le quotidien espagnol La Razón souligne l’émergence du Royaume comme puissance de stabilité capable d’articuler développement économique, modernisation militaire et sécurité spirituelle, avec un soutien stratégique clair des États-Unis.

Le Maroc constitue aujourd’hui un modèle singulier dans la gestion du fait religieux, non seulement à l’échelle nationale, mais aussi en tant que puissance d’influence majeure dans la consolidation de la stabilité régionale en Afrique, notamment dans la région du Sahel. Cette approche marocaine repose sur le concept de « sécurité spirituelle » considéré comme un premier rempart contre les courants d’extrémisme et la violence transfrontalière.

Des rapports internationaux, dont celui publié par le journal espagnol La Razón, indiquent que le rôle du Maroc au Sahel dépasse la seule dimension religieuse pour devenir une « ligne de défense avancée ». Le quotidien met en avant la réussite de Rabat dans l’endiguement de l’expansion salafiste djihadiste dans la région, soulignant que ces efforts empêchent la transformation du Sahel en base arrière d’attaques contre l’Europe, faisant ainsi du Maroc un partenaire incontournable pour Washington et Bruxelles.

Le journal ajoute qu’avec le recul de l’influence française traditionnelle, le Maroc s’est imposé comme une puissance stabilisatrice capable de conjuguer développement économique, modernisation militaire et sécurité spirituelle, bénéficiant d’un appui stratégique manifeste des États-Unis.

Il relève également que l’estime dont jouit Rabat, notamment de la part des États-Unis, se reflète dans la question du Sahara et dans le soutien de Washington à l’initiative d’autonomie, perçu comme une reconnaissance du rôle central du Royaume dans la préservation de la stabilité régionale.

La force de l’approche marocaine réside dans son ancrage dans les constantes historiques et consensuelles du Royaume : la doctrine acharite, le rite malékite et le soufisme sunnite. Cette combinaison confère à la religiosité marocaine un caractère modéré et ouvert, éloigné des dérives extrémistes et rigoristes propres aux courants salafistes djihadistes.

Ce modèle se distingue par une « souveraineté spirituelle » indépendante, à l’écart des tensions sunnito-chiites et des conflits du Moyen-Orient, ce qui le rend acceptable et crédible auprès des sociétés africaines.

L’Institut Mohammed VI pour la formation des imams, morchidines et morchidates constitue l’instrument opérationnel majeur de diffusion des valeurs d’un islam tolérant. Il accueille des centaines d’étudiants originaires des pays du Sahel — Mali, Niger, Tchad, Guinée, Côte d’Ivoire — qui y reçoivent une formation combinant sciences religieuses et sciences humaines.

L’institution œuvre à former des imams capables de déconstruire les discours de haine dans leurs communautés locales et de les remplacer par un message de coexistence et de développement, réduisant ainsi la capacité de recrutement des groupes extrémistes.

L’institut représente également un cadre institutionnel réunissant des oulémas du continent afin d’unifier les efforts face aux dérives idéologiques. Le rôle du Maroc ne se limite pas à la formation : il s’étend à la construction d’édifices religieux, tels que la mosquée Mohammed VI à Abidjan en Côte d’Ivoire et à Conakry en Guinée, gérés selon une approche marocaine mettant l’accent sur les valeurs d’un islam modéré.

Cette institution agit comme un vecteur de diplomatie douce, en s’appuyant sur des liens spirituels profonds, notamment à travers les groupes soufies comme la Tijaniyya, reliant le Maroc à l’Afrique subsaharienne.

Des analyses soulignent que ces passerelles se distinguent par leur dimension partenariale gagnant-gagnant : le Royaume ne considère pas l’Afrique comme un simple marché, mais comme un destin partagé. Cette intégration a conduit des puissances majeures telles que les États-Unis à considérer le Maroc comme la « clé du continent » et un garant contre le chaos au Sahel.

En résumé, l’approche marocaine de diffusion de la sécurité spirituelle constitue une stratégie multidimensionnelle : douce dans ses moyens — éducation, soufisme, édifices religieux — mais ferme dans ses résultats sécuritaires. Le Maroc est parvenu à faire de la religion un instrument de construction de ponts et d’assèchement des sources de l’extrémisme, devenant ainsi un pilier essentiel de la stabilité au Sahel et en Afrique dans son ensemble.

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