Un journal américain révèle la situation des combattants du Hamas coincés dans les tunnels
Entre mourir dans les profondeurs de la terre ou fuir vers l’inconnu, les combattants du Hamas piégés dans les tunnels se retrouvent face à un choix qui déterminera leur sort et l’avenir de la trêve à Gaza.
Selon le Wall Street, « la nourriture, et surtout l’eau, s’épuisent » pour les combattants du Hamas enfermés dans les tunnels à l’est de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza.
Le journal américain, citant des responsables du renseignement arabe et des officiers militaires israéliens informés de la situation, indique qu’ils « font face à l’option de mourir dans les tunnels ou de prendre la fuite, au péril de leur vie, vers des zones contrôlées par le Hamas ».
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Combien sont-ils coincés dans les tunnels ?
Les forces israéliennes cartographient actuellement les tunnels situés à l’est de Rafah, où elles encerclent une brigade du Hamas. Elles utilisent de grandes excavatrices pour creuser le réseau souterrain et le détruire à l’aide d’explosifs, selon les données de l’armée israélienne.
Israël estime qu’entre 100 et 200 combattants se trouvaient dans ces tunnels au moment de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en octobre dernier.
Dans des déclarations publiques, des responsables du Hamas affirment que 60 à 80 combattants y sont toujours retranchés.
Dans certaines zones, Israël inonde les tunnels pour en déloger les combattants, selon un haut responsable militaire israélien.
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Les combattants assiégés sur la table des négociations
La situation de ces combattants est devenue un élément central des discussions visant à prolonger le cessez-le-feu au-delà de la première phase, le Hamas exerçant des pressions sur les négociateurs pour obtenir un accord permettant aux hommes de sortir des tunnels.
En contrepartie, Israël affirme être prêt à les laisser en vie s’ils se rendent, une condition que le Hamas refuse, tout comme il rejette l’exigence du plan de paix portant sur son désarmement et son exclusion de la gestion de Gaza.
L’armée israélienne affirme avoir tué plus de 40 combattants ces dernières semaines et en avoir capturé un petit nombre.
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Selon des responsables militaires israéliens, peu d’entre eux ont tenté de se rendre, sans qu’un chiffre précis ne soit donné.
Mercredi, quatre soldats israéliens ont été blessés par des combattants du Hamas qui sont sortis des tunnels et ont attaqué leur véhicule blindé avec des armes lourdes, selon l’armée israélienne.
Deux membres du Hamas ont été tués au cours de l’attaque, tandis qu’un troisième a réussi à regagner les tunnels.
D’autres soldats israéliens ont été tués ou gravement blessés dans des attaques précédentes menées par des combattants retranchés.
Israël a déjà mené plusieurs bombardements intensifs après avoir déclaré que des combattants avaient ouvert le feu sur ses forces. Les autorités sanitaires palestiniennes indiquent que des civils ont été tués lors de ces frappes.
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Un test pour la deuxième phase
Mercredi, le président américain Donald Trump a déclaré que l’accord de paix à Gaza passerait bientôt à la phase suivante, prévoyant la mise en place de nouvelles institutions de gouvernance et de sécurité en remplacement du Hamas, ouvrant la voie au lancement de la reconstruction.
À ce sujet, Ofer Guterman, chercheur principal à l’Institut d’études de sécurité nationale à Tel-Aviv, a expliqué au Wall Street Journal que les combattants du Hamas piégés dans les tunnels représentaient un test précoce de la capacité des deux parties à trouver un accord sur le désarmement du mouvement.
Des responsables arabes et un responsable américain ont indiqué que Washington espérait que la résolution de la situation des combattants de Rafah servirait de modèle pour un désarmement pacifique du Hamas.
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Au lieu de cela, la question est devenue un obstacle, les gouvernements étrangers mettant en garde contre tout envoi de fonds ou de forces à Gaza tant que les combats se poursuivent et que le Hamas ne s’est pas retiré.
Selon des responsables arabes cités anonymement, l’administration Trump n’a pas encore présenté de plan clair pour le désarmement du Hamas. Les dirigeants du mouvement ont rejeté cette idée publiquement, tout en négociant secrètement ses modalités.
Parmi les propositions avancées par Israël, le Hamas et les médiateurs figurent l’intégration des combattants dans une nouvelle force de police palestinienne dépendant du futur gouvernement de Gaza, leur envoi en exil ou la possibilité de conserver leurs fusils tout en abandonnant les armes plus lourdes, comme les roquettes.
