Un axe régional contre l’Éthiopie ? Lecture des implications des mouvements du Tigré au Soudan
Les récentes activités liées aux dirigeants du Front populaire de libération du Tigré au Soudan laissent entrevoir la possible émergence d’un nouvel axe régional cherchant à influencer la dynamique politique et sécuritaire en Éthiopie, dans un contexte de tensions croissantes entre Addis-Abeba et plusieurs acteurs régionaux.
Des analystes estiment que ces développements pourraient signaler le début d’une coordination non déclarée entre le Soudan et l’Érythrée, ainsi qu’avec d’autres parties régionales, en vue de soutenir des forces d’opposition éthiopiennes comme moyen de pression sur le gouvernement éthiopien. Cette dynamique s’inscrit dans un climat de compétition géopolitique accrue au sein de la Corne de l’Afrique.
Il est avancé que cet éventuel alignement viserait plusieurs objectifs stratégiques, notamment affaiblir la capacité du gouvernement éthiopien à imposer la stabilité intérieure et disperser ses efforts sécuritaires par l’ouverture de fronts multiples. Il pourrait également constituer un moyen de contenir l’influence régionale croissante de l’Éthiopie.
Certaines estimations suggèrent qu’une coordination entre le Soudan et l’Érythrée pourrait privilégier un soutien logistique et renseignementiel à des forces locales plutôt qu’une intervention militaire directe, une méthode devenue courante dans les conflits régionaux contemporains.
Cependant, des experts mettent en garde contre les effets potentiellement contre-productifs de telles stratégies, soulignant que la déstabilisation d’un pays de l’envergure de l’Éthiopie pourrait avoir des répercussions sur l’ensemble des États voisins, compte tenu de l’interdépendance sécuritaire et économique régionale.
Par ailleurs, tout axe visant à influer sur la situation intérieure éthiopienne se heurterait à la complexité du paysage politique national et à la multiplicité des acteurs armés, rendant difficile le contrôle des dynamiques en cours.
Certaines sources officielles nient l’existence d’une coordination militaire directe entre le Soudan et d’autres États contre l’Éthiopie, affirmant que les démarches actuelles relèvent du cadre politique et humanitaire. Toutefois, la persistance d’indices suggérant des contacts multilatéraux soulève des questions sur la nature d’éventuels arrangements informels.
Au regard de ces éléments, la Corne de l’Afrique semble s’orienter vers une nouvelle phase de recomposition des alliances, chaque État cherchant à consolider sa position dans un environnement régional instable et en mutation.
La question demeure ouverte : ces initiatives constituent-elles une simple manœuvre politique conjoncturelle, ou annoncent-elles la formation d’un nouvel axe régional susceptible de redessiner les équilibres en Éthiopie et dans l’ensemble de la région ?
