Trump et l’Iran : trois options militaires sur la table des décisions
Les signes d’une possible escalade de la confrontation entre les États-Unis et l’Iran se multiplient, alors que des informations médiatiques indiquent que l’administration du président américain Donald Trump examine une série d’options militaires à l’encontre de Téhéran.
Ces options vont d’opérations spéciales limitées à des frappes aériennes de grande envergure, jusqu’à une action militaire conjointe avec Israël, selon le quotidien britannique The Sun, qui souligne la montée en puissance du discours américain, malgré des déclarations officielles réaffirmant l’ouverture à la voie diplomatique.
Trois scénarios
D’après des sources bien informées citées par des médias américains, le président Trump aurait placé sur la table trois principaux scénarios militaires.
La première option consisterait à mener un raid audacieux des forces spéciales américaines visant des sites sensibles du programme iranien d’enrichissement de l’uranium, dans le but de neutraliser toute capacité potentielle de production d’armes nucléaires, y compris des installations qui auraient échappé à des frappes antérieures menées lors de précédentes périodes de tension.
La deuxième option impliquerait le lancement d’une série de frappes aériennes intensives et ciblées contre des dirigeants militaires et politiques de haut rang en Iran, afin de paralyser les centres de décision et d’ébranler la structure du régime en place, ce qui pourrait ouvrir la voie à un changement politique d’envergure. Ce scénario est considéré comme le plus escalatoire, notamment en raison de la possibilité de viser la capitale Téhéran et des centres de pouvoir proches du guide suprême, Ali Khamenei.
La troisième option, fortement soutenue par Israël, prévoit l’implication des États-Unis dans des frappes conjointes visant le programme de missiles balistiques iranien, perçu par Tel-Aviv comme une menace existentielle directe, en particulier à la lumière d’évaluations du renseignement indiquant que l’Iran a reconstruit une grande partie de ses capacités balistiques après les dégâts subis lors d’affrontements précédents.
Renforcement militaire et messages de dissuasion
Ces discussions s’inscrivent dans un contexte d’escalade manifeste sur le terrain, les États-Unis ayant renforcé leur présence militaire dans la région du Golfe et déployé un groupe aéronaval conduit par le porte-avions USS Abraham Lincoln, suscitant des craintes d’un glissement vers une confrontation ouverte.
Parallèlement, un avion de reconnaissance américain spécialisé dans la détection de particules radioactives, connu sous le nom de WC-135R Constant Phoenix, a atterri sur la base de Mildenhall de la Royal Air Force britannique, un geste interprété comme une préparation à d’éventuels développements non conventionnels.
De son côté, Téhéran a annoncé que ses forces étaient placées en état d’alerte maximale, avertissant que toute « erreur » américaine mettrait en péril la sécurité des États-Unis, de leurs alliés et de l’ensemble de la région. Le commandant de l’armée iranienne, Amir Hatami, a déclaré que la riposte iranienne serait globale si la confrontation devait évoluer vers une action militaire directe.
Conditions strictes
Bien que la Maison-Blanche affirme que Washington privilégie toujours une solution diplomatique, l’administration américaine a fixé une série de conditions préalables à toute négociation éventuelle. Celles-ci incluent l’abandon total et définitif par l’Iran de tout programme visant à se doter d’armes nucléaires, l’arrêt complet des activités d’enrichissement de l’uranium et la remise de ses stocks nucléaires, ainsi que l’imposition de restrictions sévères sur le programme de missiles balistiques et leur portée, et la cessation du soutien aux groupes armés alliés dans la région.
Les exigences américaines comprennent également la fin de ce que Washington qualifie de répression des manifestants en Iran, à la suite de vastes protestations ayant secoué le pays et auxquelles les autorités ont répondu par une campagne sécuritaire sanglante, suscitant des condamnations internationales. Donald Trump a adressé des messages directs à la direction iranienne, l’exhortant à se rendre rapidement à la table des négociations, avertissant que « le temps presse ».
Des responsables américains reconnaissent qu’une opération militaire contre l’Iran serait plus complexe et plus risquée que des scénarios comparables, tels que ceux appliqués au Venezuela, en raison des capacités militaires de l’Iran, de son réseau d’alliés régionaux et de l’enchevêtrement des intérêts internationaux dans la région. Cette perspective alimente de vives inquiétudes quant au risque de voir le Moyen-Orient basculer dans une guerre régionale généralisée, avec de lourdes conséquences pour la stabilité mondiale et la sécurité énergétique.
