Politique

Tensions entre Ankara et Téhéran… Cela pourrait-il se transformer en un conflit ouvert ?


Les autorités turques ont annoncé il y a quelques jours l’arrestation de cinq personnes accusées d’espionnage en faveur du Corps des Gardiens de la Révolution islamique iranien, dans un contexte de tensions politiques croissantes entre les deux pays, notamment concernant leurs positions divergentes sur les questions régionales, en particulier en Syrie.

Selon le site TurkPress, les forces de sécurité et les services de renseignement turcs ont mené des opérations simultanées dans les villes d’Istanbul, Antalya et Mersin, aboutissant à l’arrestation des cinq suspects, après l’émission de mandats d’arrêt par le bureau du procureur.

Des sources sécuritaires ont précisé que les détenus étaient impliqués dans la collecte d’informations sensibles sur les bases militaires turques et des zones stratégiques à l’intérieur et à l’extérieur du pays, qu’ils ont transmises à des agents des services de renseignement du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, ce qui a conduit les autorités turques à les inculper de « spionnage militaire et politique ».

L’annonce d’Ankara concernant la mise au jour de cette cellule d’espionnage intervient à un moment particulièrement délicat, coïncidant avec une montée des tensions diplomatiques entre les deux pays. Récemment, le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a fait des déclarations fermes dans lesquelles il a averti Téhéran contre ses actions susceptibles de déstabiliser la Syrie, menaçant que sa politique étrangère, fondée sur le soutien à des groupes armés, pourrait se retourner contre elle.

Ces déclarations ont provoqué une vive réaction de la part de Téhéran, qui a convoqué l’ambassadeur turc pour une protestation officielle, tandis qu’Ankara a riposté en convoquant le chargé d’affaires iranien.

Il ne s’agissait pas de l’incident isolé. Au cours des dernières années, les relations entre les deux pays ont été marquées par de nombreux épisodes similaires, dont la découverte de réseaux d’espionnage iraniens opérant en Turquie.

En septembre 2012, les médias turcs ont diffusé des images d’un réseau d’espionnage lié à l’Iran, chargé de collecter des informations sur l’armée turque et ses liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Les services de renseignement iraniens ont également été impliqués dans l’assassinat de l’opposant iranien Masoud Molavi à Istanbul en 2019, un incident qui a conduit à l’arrestation d’un diplomate iranien pour avoir falsifié des documents officiels afin de faciliter la fuite des auteurs du meurtre.

En octobre 2021, les autorités turques ont dévoilé une cellule d’espionnage comprenant des Iraniens et des Turcs, qui avaient tenté d’enlever un ancien militaire iranien dans la ville frontalière de Van.

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