Politique

Téhéran exécute un homme accusé d’espionnage pour Israël au milieu de protestations internes


La justice iranienne a accusé l’homme d’avoir travaillé pour l’État hébreu et d’avoir fourni au Mossad des informations sensibles, sans en préciser la nature.

L’agence Mizan, relevant du pouvoir judiciaire en Iran, a indiqué mercredi que Téhéran avait exécuté un homme accusé d’espionnage au profit d’Israël. Elle a précisé que le condamné se nommait Ali Ardestani, et que l’exécution est intervenue dans un climat de tensions avec l’État hébreu et de craintes d’éventuelles attaques.

Dans le cadre d’une guerre de l’ombre avec Israël qui dure depuis des décennies, l’Iran a exécuté plusieurs personnes accusées d’être liées aux services de renseignement israéliens (le Mossad) et d’avoir facilité leurs opérations dans le pays.

Mizan a déclaré : « La peine de mort prononcée contre Ali Ardestani pour espionnage au profit du Mossad — à travers la transmission d’informations sensibles — a été exécutée après approbation de la Cour suprême et respect des procédures légales. »

Les exécutions d’Iraniens reconnus coupables d’espionnage pour Israël ont connu une hausse notable récemment, après l’affrontement direct entre les deux rivaux régionaux en juin, lorsque les forces israéliennes et américaines ont mené des frappes contre des installations nucléaires iraniennes.

Le conflit irano-israélien s’est intensifié lorsque Israël a frappé diverses cibles à l’intérieur de l’Iran, y compris par le biais d’opérations reposant sur le déploiement d’unités spéciales du Mossad en profondeur dans le pays.

Ces exécutions successives soulèvent des inquiétudes en matière de droits humains, certains y voyant une tentative de régler des comptes avec des forces civiles opposantes sous couvert de lutte contre l’espionnage. De nombreux Iraniens à l’étranger ont manifesté pour dénoncer cette politique répressive et l’usage de la peine capitale comme moyen d’intimidation.

La dernière exécution intervient sur fond de protestations croissantes liées à la détérioration de la situation économique, auxquelles les forces iraniennes ont réagi avec fermeté, causant la mort de nombreux manifestants.

Des militants craignent que les autorités iraniennes n’utilisent des innocents comme boucs émissaires, faute d’avoir pu arrêter les véritables espions, souvent à l’étranger au moment où leurs activités sont découvertes.

En décembre 2023, la justice iranienne avait exécuté un homme dans le sud-est du pays après l’avoir reconnu coupable de coopération avec le Mossad. Quatre hommes avaient également été exécutés fin 2022 pour les mêmes accusations.

Par ailleurs, l’universitaire irano-suédois Ahmadreza Djalali a été condamné à mort en 2017 pour « espionnage » au profit d’Israël, après son arrestation en 2016 alors qu’il se rendait à Téhéran pour participer à une conférence. Sa famille affirme que les accusations sont fabriquées de toutes pièces.

Selon les opposants à cette politique, les exécutions constituent un outil de la part des autorités iraniennes pour intimider leurs détracteurs plutôt qu’un moyen réel de freiner l’activité des agents. Israël, de son côté, a arrêté ces derniers mois plusieurs citoyens et résidents accusés d’espionnage au profit de Téhéran.

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