Téhéran conditionne l’apaisement régional à l’interdiction d’attaques depuis les territoires voisins
L’Iran menace les pays européens s’ils rejoignent les attaques américano-israéliennes.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré aujourd’hui, samedi, que le Conseil de direction provisoire avait approuvé la suspension des attaques contre les pays voisins, à condition qu’aucune attaque contre l’Iran ne soit lancée depuis ces territoires.
Cette déclaration intervient alors que Téhéran poursuit ses frappes dans la région en réponse aux attaques américano-israéliennes. Pezeshkian a présenté des « excuses » aux pays voisins pour les attaques précédentes, affirmant que l’Iran n’éprouve aucune hostilité envers ses voisins et souhaite préserver la « sécurité collective ». La République islamique cherche à isoler le conflit et à le limiter à un affrontement avec les États-Unis et Israël, en tentant d’empêcher la formation d’une coalition régionale plus large contre elle.
Cette initiative iranienne intervient dans un contexte d’escalade militaire intense au cours de la première semaine de mars, durant laquelle plus de 80 avions de combat israéliens et américains ont mené des frappes de grande ampleur contre des installations militaires et nucléaires à Téhéran, Ispahan et Bandar Abbas.
Téhéran a riposté en visant des bases américaines dans plusieurs pays du Golfe ainsi que des installations pétrolières, en plus de tirs de missiles dirigés vers l’intérieur d’Israël. Des rapports indiquent que les infrastructures iraniennes ont subi des dommages importants, notamment l’aéroport de Mehrabad et des plateformes de lancement de missiles, ce qui a poussé la nouvelle direction à rechercher des « voies de désescalade » au niveau régional.
Cette décision constitue le premier véritable test pour le Conseil de direction provisoire, qui a pris les rênes du pouvoir conformément à l’article 111 de la Constitution. Alors que le discours iranien durant les premiers jours de la guerre, entre le 28 février et le 1er mars, était marqué par des menaces généralisées, le conseil semble désormais adopter une stratégie de « dissuasion flexible » afin d’assurer la survie du régime dans un contexte de crises internes, notamment des révoltes dans certaines provinces et de fortes pressions économiques.
Pezeshkian a également révélé l’existence de « tentatives internationales de médiation » qui commencent à émerger pour mettre fin à la guerre, soulignant que tout dialogue doit s’adresser à « ceux qui ont déclenché le conflit ».
De leur côté, des pays tels que l’Arabie saoudite et l’Azerbaïdjan ont réaffirmé leur refus de participer à des opérations militaires contre l’Iran, une position que Pezeshkian a exploitée pour renforcer l’initiative de « suspension des attaques ».
Par ailleurs, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Majid Takht-Ravanchi, a averti les pays européens qu’ils deviendraient des « cibles légitimes » pour l’Iran s’ils rejoignaient les attaques américano-israéliennes contre son pays.
Dans des déclarations faites aujourd’hui samedi à la chaîne française France 24, Takht-Ravanchi a indiqué que Téhéran avait informé les pays européens de la « nécessité de faire preuve de prudence afin de ne pas devenir partie prenante de la guerre menée contre l’Iran ».
Il a ajouté : « Si un pays se tient aux côtés des États-Unis et d’Israël dans l’attaque contre l’Iran, il deviendra lui aussi une cible légitime pour une riposte iranienne. »
Il a également indiqué que des responsables iraniens avaient mené des négociations avec les États-Unis dans un esprit de bonne foi.
Il a précisé que malgré l’atmosphère positive qui avait marqué la dernière série de négociations à Genève, les États-Unis et Israël avaient lancé des attaques contre l’Iran le 28 février. Il a conclu : « Nous ne faisons pas confiance aux Américains, car l’administration américaine nous a trahis. Elle ne nous a pas seulement trahis, elle a aussi trahi la diplomatie. »
