Politique

S’entraîner à manger des insectes… Les secrets de survie d’un pilote américain en 4 lettres


Lorsqu’un pilote tombe derrière les lignes ennemies, il peut se retrouver seul en territoire hostile, et rentrer sain et sauf chez lui devient son unique objectif.

C’est là qu’intervient l’entraînement SERE, acronyme de « Survival, Evasion, Resistance, Escape » (Survie, Évasion, Résistance, Évasion finale), considéré comme la seule feuille de route entre la vie et la captivité, en apprenant à la personne à se dissimuler aux yeux de l’ennemi, à résister en cas de capture, puis à trouver le moyen de survivre et de revenir.

L’élite des pilotes militaires américains et des forces d’opérations spéciales suit un entraînement intensif en prévision de la possibilité de tomber dans une embuscade derrière les lignes ennemies, comme cela s’est produit avec un membre de l’équipage d’un avion F-15 qui a été secouru en Iran.

David A. Deptula, lieutenant-général à la retraite de l’US Air Force et actuel doyen du Mitchell Institute for Aerospace Studies à Arlington, en Virginie, déclare : « L’armée accorde une importance capitale à la formation à la survie, à l’évasion et à la résistance (SERE) pour les pilotes, car ils peuvent se retrouver seuls, derrière les lignes ennemies, ou dans des zones hostiles sans aucun avertissement notable. »

Il a ajouté dans un courriel adressé au Wall Street Journal : « Cette formation vise à les préparer à survivre, à éviter la capture autant que possible, à résister à l’exploitation en cas de captivité et à améliorer leurs chances de survie. »

Dimanche, le président américain Donald Trump a annoncé qu’un membre d’équipage de l’US Air Force, secouru à la fin de la semaine, était grièvement blessé.

Le pilote a échappé à la capture pendant 36 heures dans une région montagneuse reculée en Iran, tandis que les forces iraniennes tentaient de le traquer.

Comment les forces d’élite américaines sont-elles formées à survivre derrière les lignes ennemies ?

La formation SERE familiarise les pilotes avec de multiples environnements hostiles, des déserts à l’Arctique, selon une vidéo publiée par l’US Air Force.

Selon le Wall Street Journal, cette formation, dans laquelle l’US Air Force excelle particulièrement, repose sur quatre compétences fondamentales :

Premièrement : la survie

Lorsqu’un avion est abattu, le pilote atterrit généralement en parachute après s’être éjecté, un processus chargé de risques physiques et psychologiques dans des conditions rapides et déroutantes.

À ce stade, la priorité absolue est de savoir comment préserver sa vie dans des environnements extrêmes.

C’est ici que les priorités interviennent : évaluer les blessures, trouver un abri temporaire, obtenir de l’eau et allumer un feu.

Dans cette formation, le pilote apprend à boire l’eau des rivières, à faire du feu avec deux bâtons et à manger des insectes et des cactus si nécessaire. L’objectif principal est de réduire le stress et la dépense calorique, car survivre physiquement est la première étape du retour.

Le mot « SURVIVAL » est utilisé comme acronyme pédagogique, chaque lettre renvoyant à un ensemble d’actions. La lettre « S » renvoie à l’évaluation de la situation, notamment le traitement des blessures et la manière de se cacher, « V » à la valorisation de la vie même au prix de l’endurance, et « L » à l’apprentissage des bases de la survie.

Deuxièmement : l’évitement de la capture

Jason Smith, sergent-chef à la retraite des opérations spéciales de l’armée et instructeur principal à la SERE Training School, une société commerciale en Caroline du Nord, déclare : « La survie est étroitement liée à l’évitement de la capture. »

Il ajoute : « L’idée est de ne pas se faire capturer. »

Chaque plan de mission comprend des plans d’urgence de sauvetage convenus à l’avance entre le pilote et la base principale, permettant au pilote d’éviter l’ennemi tout en exécutant une stratégie d’extraction.

Smith explique que « dans l’idéal, il peut se placer dans la meilleure position possible pour être secouru ».

L’un des exemples les plus marquants est celui du capitaine Scott F. O’Grady en 1995, lorsque son avion de chasse F-16C a été abattu pendant la guerre de Bosnie, et qu’il a passé six jours en territoire hostile.

O’Grady se nourrissait de fourmis, se déplaçait de nuit et a réussi à envoyer des signaux radio à sa base.

Troisièmement : la résistance

Si le pilote est découvert par l’ennemi, commence alors la phase de « résistance ». Bien que les détails de cette partie ne soient pas entièrement publics, les informations disponibles indiquent que les pilotes sont formés à :

Des techniques de combat défensif.

L’utilisation d’armes légères.

Le respect des règles d’engagement conformément aux Conventions de Genève.

Ce concept s’appuie également sur des expériences passées, notamment pendant la guerre de Corée, où des règles de conduite ont été établies stipulant que le prisonnier doit résister par tous les moyens disponibles et ne fournir à l’ennemi que des informations limitées (nom, grade, date de naissance, numéro matricule).

Quatrièmement : l’évasion finale

La dernière étape est l’évasion effective.

Le pilote apprend alors à utiliser tout ce qu’il possède — grenades fumigènes, radios et signaux visuels — pour indiquer sa position aux avions de sauvetage sans se dévoiler à l’ennemi.

Dans le récent incident en Iran, le pilote grièvement blessé a réussi à se dissimuler pendant 36 heures dans une région montagneuse reculée, tandis que les forces locales le poursuivaient, jusqu’à l’arrivée des secours, selon le Wall Street Journal.

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