Quelles armes Washington pourrait-elle utiliser lors d’une éventuelle attaque contre l’Iran ?
Après l’attaque américaine contre les installations nucléaires iraniennes l’été dernier, l’attention se porte désormais sur les scénarios possibles d’une nouvelle frappe.
C’est ce qu’a abordé le réseau américain CNN dans un rapport consacré aux scénarios militaires potentiels et aux armes auxquelles Washington pourrait recourir en cas de nouvelle attaque contre l’Iran, dans un contexte de tensions croissantes entre les deux parties.
Quelles armes Washington pourrait-elle utiliser ?
L’an dernier, des bombardiers B-2 de l’US Air Force ont largué 14 bombes parmi les plus puissantes au monde, visant des sites nucléaires iraniens, sans qu’aucune perte humaine ou aérienne américaine ne soit enregistrée. L’opération a impliqué des dizaines d’avions de chasse, des avions ravitailleurs et des appareils de soutien ayant contribué à la réussite de la mission.
Toutefois, selon plusieurs analystes, une éventuelle nouvelle attaque américaine contre l’Iran serait peu susceptible de reproduire exactement les frappes ayant visé trois sites nucléaires l’été dernier.
D’après ce qu’a été rapporté en s’appuyant sur CNN, les armes potentielles seraient les suivantes :
Premièrement : les missiles de croisière Tomahawk
Les missiles Tomahawk de haute précision peuvent être lancés depuis des sous-marins et des navires de la marine américaine à grande distance des côtes iraniennes, ce qui réduit le risque de pertes humaines du côté américain.
Deuxièmement : le missile JASSM
Parmi les autres options en matière de missiles de croisière figure le Joint Air-to-Surface Standoff Missile (JASSM).
Ce missile est équipé d’une ogive perforante de 1 000 livres et dispose d’une portée d’environ 620 miles, soit près de 1 000 kilomètres.
Il peut également être lancé à distance des côtes iraniennes depuis divers aéronefs de l’US Air Force, notamment les chasseurs F-15, F-16 et F-35, ainsi que les bombardiers B-1, B-2 et B-52, en plus des chasseurs F/A-18 de la marine américaine.
Troisièmement : les drones
Des analystes estiment que les drones pourraient également être utilisés.
Bien que les États-Unis disposent habituellement d’un porte-avions au Moyen-Orient, le porte-avions le plus proche, l’USS Abraham Lincoln, se trouvait jusqu’à lundi à des milliers de kilomètres, en mer de Chine méridionale.
Les porte-avions naviguent généralement accompagnés d’un groupe de navires capables de lancer des missiles et de fournir d’autres formes de soutien opérationnel.
À l’automne, l’administration Trump a déployé un groupe aéronaval, ainsi qu’un grand nombre de navires, d’avions et des milliers de soldats, dans la région des Caraïbes, dans le cadre de la campagne de pression menée contre les autorités vénézuéliennes.
Si certains de ces moyens ont commencé à quitter progressivement la région, cela a néanmoins réduit les options immédiates dont disposent les planificateurs militaires pour une action rapide contre l’Iran.
Une mise en scène ?
Peter Layton, chercheur invité à l’Institut Griffith Asia en Australie, estime que, quelle que soit la méthode choisie par l’administration Trump pour frapper l’Iran cette fois-ci, l’opération devrait être « spectaculaire ».
Il ajoute que l’administration américaine a tendance à privilégier l’effet de démonstration, ce qui implique des actions marquantes attirant l’attention des médias.
Selon lui, l’opération serait rapide, à l’image de la frappe menée contre les installations nucléaires l’année dernière, l’administration privilégiant des raids de courte durée comportant un minimum de risques pour les forces américaines engagées.
Quelles cibles pourraient être visées par les États-Unis ?
Layton estime que la haute direction iranienne pourrait être exposée, probablement de manière indirecte, car l’Iran a tiré des enseignements des frappes israéliennes qui ont visé et tué des responsables militaires de haut rang et des scientifiques nucléaires iraniens l’an dernier.
D’autres analystes partagent cette analyse, soulignant que les dirigeants iraniens ont pris conscience de la nécessité de disperser et de dissimuler ce qui revêt une importance stratégique.
Néanmoins, Layton considère que le ciblage des domiciles et des bureaux des dirigeants du régime enverrait un message fort.
Il estime que la valeur militaire d’une telle action serait limitée, mais qu’il s’agirait avant tout d’un geste symbolique visant à afficher un soutien aux manifestants.
Par ailleurs, les analystes indiquent que Washington pourrait également viser les intérêts financiers des dirigeants iraniens.
À ce sujet, Layton précise que la direction iranienne et le Corps des gardiens de la révolution islamique possèdent un vaste réseau d’entreprises et de projets générateurs de revenus à travers le pays, et que le ciblage d’installations à forte valeur financière pour ces dirigeants et leurs familles constituerait une option.
Il ajoute que ces projets sont nombreux, citant des estimations du gouvernement australien selon lesquelles entre un tiers et deux tiers du produit intérieur brut de l’Iran seraient sous le contrôle des Gardiens de la révolution.
