L'Europe

Préparatifs pour 2027 : Macron cherche à prémunir la France face à une possible montée de l’extrême droite


Le président français Emmanuel Macron s’emploie à devancer les échéances afin de prémunir son pays contre l’éventualité de l’arrivée au pouvoir d’un président issu de l’extrême droite, en amont de l’élection présidentielle de 2027.

Selon le média Politico, citant quatre responsables français, actuels et anciens, Macron accélère les nominations de personnalités proches de lui à des postes stratégiques afin d’assurer la pérennité de son influence politique et institutionnelle après son départ de l’Élysée.

Les sondages indiquent une progression du Rassemblement national (extrême droite), dirigé par Marine Le Pen et Jordan Bardella, tous deux considérés comme des candidats potentiels à la présidence.

Leurs déclarations laissent entrevoir des intentions d’abroger les réformes économiques engagées par Macron et de revenir sur les engagements de la France envers l’Union européenne et l’OTAN.

« Il est préoccupé par les risques à venir et souhaite consolider son héritage », a déclaré un ancien diplomate, alors que l’Occident traverse une période d’instabilité marquée par la guerre en Ukraine et l’imprévisibilité des politiques américaines.

Des nominations d’envergure aux Affaires étrangères et à la Banque centrale

D’après Politico, Macron a déjà nommé l’un de ses alliés au poste de premier président de la Cour des comptes.

Au ministère des Affaires étrangères, un vaste remaniement est en cours, allant bien au-delà des traditionnelles rotations estivales d’ambassadeurs. Plus de 60 ambassades seraient concernées, dont celles de Washington, Londres, Berlin et Kiev.

Un ambassadeur français a confié à Politico : « Tout sera réglé avant l’élection présidentielle de mai 2027. »

Par ailleurs, la démission anticipée du gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, la semaine dernière, ouvre la voie à la nomination par Macron d’un nouveau titulaire pour un mandat de six ans avant le prochain scrutin présidentiel.

Le média souligne également que la décision de Macron de remplacer le plus haut gradé militaire français au cours de l’été aurait été motivée en partie par sa volonté de disposer d’une voix forte à ce poste face à un éventuel président issu du Rassemblement national.

À cet égard, un haut responsable militaire a indiqué que l’objectif était de s’assurer que le titulaire dispose d’une expérience suffisante pour être respecté s’il devait s’opposer à des propositions controversées du Rassemblement national, notamment un retrait du commandement intégré de l’OTAN.

Selon les mêmes sources, ces changements dépassent largement la simple volonté d’un président en fin de mandat de marquer l’histoire.

Ils y voient une tentative manifeste de protéger les institutions françaises contre d’éventuels chocs qu’un gouvernement dirigé par le Rassemblement national pourrait provoquer.

Un ancien diplomate estime en outre que Macron pourrait déjà envisager l’après-2027, ayant laissé entendre de manière indirecte la possibilité d’une nouvelle candidature en 2032.

Interrogé récemment lors d’un sommet européen sur ses efforts visant à protéger les institutions avant son départ, Macron a qualifié la question d’« importante », tout en refusant d’y répondre, au motif qu’elle ne figurait pas à l’ordre du jour.

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