Nous sommes des combattants : Maduro adresse un message depuis sa prison à New York
Une semaine après son arrestation, le président vénézuélien déchu Nicolás Maduro a assuré que son état de santé était bon au sein de la prison fédérale de Brooklyn, où il est détenu avec son épouse.
Son fils a relayé samedi une déclaration de Maduro dans une vidéo diffusée par le parti au pouvoir au Venezuela, dans laquelle ce dernier affirme : « Nous allons bien. Nous sommes des combattants. »
Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores sont incarcérés dans la prison fédérale de Brooklyn depuis leur comparution devant un tribunal américain lundi, au cours de laquelle ils ont plaidé non coupables des accusations portées contre eux, notamment pour trafic de drogue. Ils attendent leur prochaine audience prévue le 17 mars.
Maduro a été arrêté lors d’une opération menée par les forces spéciales américaines, accompagnée de frappes aériennes sur Caracas, ayant causé la mort de 100 personnes, selon les autorités vénézuéliennes.
Samedi, environ un millier de partisans de Maduro ont manifesté dans les rues de Caracas, brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Nous voulons leur retour » et scandant « Maduro et Cilia sont notre famille ! ».
« Il y a ici un peuple qui lutte », a déclaré Yosleidis Arroyo, 36 ans, lors de la manifestation.
Les appels à manifester quotidiennement se poursuivent en soutien à l’ancien dirigeant socialiste, depuis l’opération militaire américaine du 3 janvier ayant conduit à son arrestation et à son transfert à New York.
La mobilisation de samedi est toutefois restée limitée malgré les appels répétés à descendre dans la rue, et aucune figure majeure du Parti socialiste uni du Venezuela au pouvoir n’a pris la parole devant les manifestants.
La manifestation coïncidait avec l’anniversaire de l’investiture de Maduro pour un troisième mandat, à l’issue de l’élection de 2024, dénoncée par l’opposition comme frauduleuse.
La télévision d’État a diffusé des images de la visite de la présidente par intérim Delcy Rodríguez à une foire agricole dans le quartier de Petare à Caracas, où s’est également tenue une petite manifestation de soutien à Maduro. Rodríguez y a déclaré : « Nous ne nous reposerons pas un seul instant jusqu’au retour du président. Nous le sauverons, bien sûr que nous le ferons. »
Contacts étroits
Malgré l’arrestation de Maduro, l’administration du président américain Donald Trump a laissé la porte ouverte à une éventuelle coopération avec les autorités de transition qui ont pris le pouvoir après lui. Des discussions ont été engagées en vue de rétablir les relations diplomatiques rompues en 2019, lors du premier mandat de Trump.
Trump a confirmé l’intérêt de Washington pour l’exploitation du pétrole vénézuélien après la chute de Maduro, et a signé un décret exécutif visant à protéger les fonds issus des ventes de pétrole du Venezuela.
Vendredi, le Venezuela a annoncé l’ouverture de discussions avec des diplomates américains. De son côté, Washington a confirmé que des diplomates américains s’étaient rendus à Caracas afin d’aborder la question de la réouverture de l’ambassade.
Un responsable du département d’État américain a déclaré samedi à l’Agence France-Presse que ces diplomates avaient quitté Caracas vendredi « comme prévu », ajoutant que « l’administration Trump maintient des contacts étroits avec les autorités de transition ».
Trump a annoncé vendredi avoir annulé une seconde vague de frappes contre le Venezuela après que les nouvelles autorités de Caracas ont exprimé leur volonté de coopérer avec Washington.
Malgré cet engagement, Delcy Rodríguez a souligné jeudi que son pays « n’est ni subordonné ni soumis » aux États-Unis.
Le département d’État américain a exhorté samedi ses ressortissants à ne pas se rendre au Venezuela et a appelé ceux qui s’y trouvent déjà à « quitter le pays immédiatement », estimant que la situation sécuritaire y est « instable ».
Dans un communiqué, le ministère a évoqué des informations faisant état de « groupes armés, connus sous le nom de colectivos, installant des barrages routiers et fouillant des véhicules à la recherche de preuves de nationalité américaine ou de soutien aux États-Unis ».
Caracas a réagi par un communiqué affirmant que « l’avertissement américain repose sur des récits inexistants visant à créer une perception de danger qui n’existe pas », ajoutant que « le Venezuela jouit d’un calme, d’une paix et d’une stabilité absolus ».
Libération de prisonniers
Samedi, Donald Trump a écrit sur sa plateforme Truth Social : « Le Venezuela a commencé, de manière incroyable, à libérer ses prisonniers politiques. Merci ! », en référence à l’annonce faite jeudi par le président du Parlement et frère de la présidente par intérim, Jorge Rodríguez, concernant la libération d’« un grand nombre de détenus ».
Des dizaines de familles d’opposants et de militants emprisonnés vivent désormais dans l’attente et l’espoir de retrouver leurs proches.
Des proches de détenus observent des sit-in jour et nuit devant des prisons telles que l’El Helicoide, tristement célèbre et gérée par les services de renseignement, ou encore El Rodeo 1, à l’est de Caracas, où des correspondants de l’AFP ont vu des familles allumer des bougies et prier, tenant des pancartes portant les noms de leurs proches incarcérés.
L’opposition et des organisations non gouvernementales ont confirmé la libération de 21 prisonniers jusqu’à présent, sur un total estimé entre 800 et 1 200 détenus.
