Netanyahou : la trêve avec l’Iran ne s’appliquera pas au Liban
Des sources confirment que le Hezbollah a cessé ses attaques contre le nord d’Israël et contre les forces israéliennes au Liban dans le cadre de l’accord entre l’Iran et les États-Unis.
Le bureau du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a déclaré mercredi qu’Israël soutenait la décision du président américain Donald Trump de suspendre les attaques contre l’Iran pendant deux semaines, mais que le cessez-le-feu ne concernait pas le Liban. Cette déclaration répond à des informations selon lesquelles l’arrêt de la guerre au Liban fait partie de l’accord de trêve, alors que des sources ont indiqué que le Hezbollah avait décidé de cesser ses attaques.
L’armée israélienne contrôle de vastes zones du sud du Liban et mène des frappes intensives contre la banlieue sud de Beyrouth, après l’éclatement d’affrontements entre l’armée israélienne et le Hezbollah le 2 mars dernier, dans le contexte de la guerre contre l’Iran.
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a annoncé mardi que son pays était prêt à s’engager dans des négociations directes avec Israël pour parvenir à un cessez-le-feu, malgré la poursuite des attaques, ce que refuse le Hezbollah, soutenu par Téhéran. L’État hébreu exige le désarmement du mouvement chiite et son retrait au sud du fleuve Litani, tout en confirmant le lancement de la création d’une zone tampon à la frontière.
Le bureau de Netanyahou a ajouté qu’Israël soutenait l’initiative américaine à condition que Téhéran rouvre immédiatement le détroit et cesse ses attaques contre les États-Unis, Israël et les pays de la région.
Ces déclarations interviennent après l’annonce par Washington de la suspension des attaques contre l’Iran pour une durée de deux semaines, dans le cadre des efforts visant à apaiser le conflit et à ouvrir la voie aux négociations.
Israël a également affirmé soutenir les efforts américains visant à garantir que Téhéran ne constitue plus une menace nucléaire, balistique ou « terroriste » pour les États-Unis, Israël et les voisins arabes de l’Iran, ajoutant que Washington avait informé Israël de son engagement à atteindre leurs objectifs communs lors des prochaines négociations.
En revanche, trois sources libanaises proches du Hezbollah ont indiqué que le mouvement avait cessé ses attaques contre le nord d’Israël et contre les forces israéliennes au Liban aux premières heures de mercredi, dans le cadre du cessez-le-feu entre Washington et Téhéran.
Ces sources s’attendent à ce que le Hezbollah publie un communiqué clarifiant sa position officielle concernant le cessez-le-feu ainsi que l’exclusion du Liban confirmée par Netanyahou.
Le dernier communiqué du Hezbollah sur ses activités militaires a été publié à une heure du matin (22h00 GMT mardi), dans lequel il indiquait avoir ciblé des forces israéliennes à l’intérieur du Liban la veille au soir.
Une source libanaise a déclaré que les autorités n’avaient reçu aucune position claire à ce jour concernant le cessez-le-feu, et que le président Joseph Aoun menait des contacts afin que le Liban soit inclus dans l’accord, ajoutant : « Les informations en circulation au sujet du cessez-le-feu sont contradictoires. »
L’armée libanaise a appelé mercredi les familles déplacées à reporter leur retour à leurs domiciles, mettant en garde contre la poursuite des frappes israéliennes et les dangers posés par les munitions non explosées.
Bien que l’armée israélienne ait annoncé mercredi avoir cessé le feu dans sa campagne contre la République islamique conformément aux directives politiques, elle a confirmé la poursuite des combats et des opérations terrestres au Liban contre le Hezbollah, tandis que l’aviation israélienne a frappé un bâtiment dans la région d’Al-Shabriha Al-Abbassiyah, dans le district de Tyr, au sud du Liban.
De son côté, le chef de l’opposition israélienne Yaïr Lapid a critiqué l’accord de cessez-le-feu avec l’Iran, déclarant : « Notre histoire n’a jamais connu un tel désastre politique. Israël n’était même pas présent lors des décisions concernant l’essence de notre sécurité nationale. »
Il a ajouté : « Il nous faudra des années pour réparer les dommages politiques et stratégiques causés par Netanyahou en raison de son arrogance et de sa négligence », affirmant qu’il « a échoué sur les plans politique et stratégique et n’a atteint aucun de ses objectifs ».
Le chef du parti Israel Beiteinu, Avigdor Lieberman, a déclaré que « le cessez-le-feu avec Téhéran offre au régime des ayatollahs l’occasion de reprendre son souffle et de se réorganiser ».
La chaîne israélienne Kan a rapporté, citant ses sources, que la République islamique avait menacé que l’exclusion du Liban de l’accord entraînerait une reprise des combats, sans confirmation officielle.
Le président français Emmanuel Macron a également exprimé le souhait que la trêve temporaire inclue le Liban.
Lors d’une réunion du Conseil de défense et de sécurité au palais de l’Élysée mercredi, selon des médias français, il a souligné la nécessité d’appliquer pleinement la trêve temporaire entre les États-Unis et l’Iran sur le terrain, et de permettre ainsi l’ouverture de négociations pour parvenir à une solution durable aux dossiers nucléaire, balistique et régional liés à l’Iran.
Il a salué la trêve, la qualifiant de « très positive », tout en réaffirmant que la situation au Liban « reste critique », déclarant : « Notre souhait est de garantir que le cessez-le-feu couvre l’ensemble du territoire libanais. »
La République islamique a annoncé mercredi que les négociations avec les États-Unis débuteront le vendredi 10 avril à Islamabad.
Deux responsables de la Maison-Blanche avaient auparavant confirmé qu’Israël avait accepté un cessez-le-feu de deux semaines et la suspension de la campagne de bombardements contre l’Iran, tandis que le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, qui a contribué à la médiation de l’accord, a indiqué dans un message sur X que l’accord inclut l’arrêt de la campagne israélienne au Liban.
Les attaques israéliennes au Liban ont fait au moins 1 500 morts et déplacé 1,2 million de personnes. Le Liban a été entraîné dans la guerre lorsque le Hezbollah a lancé des roquettes contre Israël en solidarité avec Téhéran, deux jours après le début de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran. L’attaque du mouvement chiite a été suivie d’une nouvelle offensive terrestre et aérienne israélienne.
