Mort et blessure de soldats libanais dans une explosion au sud : réaction d’Israël

L’armée israélienne a exprimé ses regrets concernant la « blessure » de soldats libanais à la suite d’un « dysfonctionnement technique » qui, selon elle, s’est produit lors d’un raid mené dans le sud du Liban contre une infrastructure du Hezbollah.
Jeudi soir, l’armée libanaise a annoncé la mort d’un officier et d’un soldat ainsi que la blessure de deux autres militaires après la chute et l’explosion d’un drone israélien dans la région de Ras Naqoura, au sud du pays.
Dans son communiqué publié vendredi, l’armée israélienne a précisé avoir attaqué la veille « un engin de génie civil dans la zone de Naqoura, dans le sud du Liban, qui s’apprêtait à reconstruire des infrastructures militaires du Hezbollah ».
Elle a ajouté que « lors du raid, un dysfonctionnement technique a empêché l’explosion des munitions, lesquelles sont tombées au sol, avant que des informations ne signalent plus tard la blessure de membres de l’armée libanaise ».
Le communiqué ne mentionne pas les deux morts annoncés par l’armée libanaise, se limitant à indiquer qu’« un examen est en cours pour déterminer si l’incident résulte de l’explosion d’armes israéliennes ».
« L’armée exprime ses regrets pour les blessures subies par les soldats libanais, et une enquête sera menée », a-t-il été souligné.
L’armée israélienne a insisté sur le fait que « le raid avait pour but de contrer les tentatives du Hezbollah de reconstruire des infrastructures terroristes en violation des accords entre Israël et le Liban, et qu’il ne visait pas les soldats libanais ».
Dans le cadre du cessez-le-feu conclu en novembre dernier pour mettre fin à plus d’un an de guerre entre Israël et le Hezbollah, l’armée libanaise est déployée dans le sud du pays afin de démanteler les infrastructures du mouvement, avec l’appui de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL).
Réagissant à l’incident, le président libanais Joseph Aoun a déclaré dans un communiqué que « l’armée paie une nouvelle fois le prix du sang pour préserver la stabilité dans le sud ». Il a souligné qu’il s’agissait du quatrième incident mortel touchant des militaires depuis le déploiement de l’armée au sud du Litani.
Au début du mois, six soldats libanais avaient déjà péri dans l’explosion d’un dépôt d’armes près de la frontière, qu’une source militaire avait attribué au Hezbollah.
Ce nouvel incident intervient alors que le Conseil de sécurité de l’ONU venait de prolonger le mandat de la FINUL et que la communauté internationale exhortait Israël à cesser ses attaques, à se retirer des territoires occupés et à permettre à l’armée libanaise d’exercer pleinement son autorité jusqu’aux frontières internationales.
De son côté, le Premier ministre libanais Nawaf Salam a présenté ses condoléances et réaffirmé « la solidarité totale du gouvernement avec l’institution militaire », qualifiant l’armée de « garant de la sécurité, rempart de la souveraineté et pilier de l’unité nationale ».