Manœuvres des Gardiens de la révolution iranienne dans le détroit d’Ormuz : évaluation de la préparation et scénarios d’affrontement
Les Gardiens de la révolution islamique d’Iran ont lancé des manœuvres militaires combinées et en conditions réelles sous le titre « Contrôle intelligent du détroit d’Ormuz ».
Cette initiative intervient au lendemain d’un exercice mené par l’armée israélienne dans la colonie de Modi’in-Maccabim-Re’ut, près de la Cisjordanie, au sein du commandement central, dans un contexte de tensions croissantes avec l’Iran. Ces tensions avaient été précédées par des entraînements intensifs à Eilat, sur la côte de la mer Rouge.
Détails des manœuvres
Les exercices sont conduits par les forces navales des Gardiens de la révolution, sous la supervision et le suivi direct sur le terrain du commandant en chef des Gardiens, le général Hossein Salami, dans la zone stratégique du détroit d’Ormuz, artère vitale pour les flux énergétiques mondiaux, selon l’agence Fars.
Toujours selon l’agence, les manœuvres ont débuté sous la direction de la composante navale des Gardiens et sont placées sous la supervision opérationnelle directe du commandement général, ce qui souligne leur dimension strictement opérationnelle.
Ces exercices visent à évaluer le niveau de préparation des unités participantes, à revoir les scénarios de gestion des menaces potentielles et à tester les mécanismes permettant de tirer parti de la position géostratégique de l’Iran dans la gestion de la sécurité maritime.
Les entraînements, tant sur le plan du renseignement que des opérations, mettent l’accent sur la rapidité de réaction, la capacité de décision et l’approche globale face à tout projet susceptible de menacer la sécurité dans l’espace maritime. Ils constituent un message affirmant la volonté de Téhéran de démontrer sa capacité à contrôler son environnement maritime stratégique.
Le détroit d’Ormuz représente un point névralgique des équilibres de la sécurité maritime et des marchés énergétiques mondiaux, ce qui confère à tout mouvement militaire dans cette zone une portée dépassant le simple cadre d’un exercice, avec des implications politiques et sécuritaires plus larges.
Négociations complexes
Parallèlement à l’escalade sur le terrain, le secrétaire d’État américain Marco Rubio, en visite à Budapest, a déclaré que parvenir à un accord avec l’Iran « serait difficile », soulignant la complexité du processus de négociation en cours.
Ces déclarations interviennent alors que de hauts diplomates iraniens et américains se préparent à reprendre un nouveau cycle de négociations indirectes à Genève, dans un climat de crainte d’un nouvel échec diplomatique.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, est arrivé à Genève à la tête d’une délégation diplomatique et technique, après un premier cycle de discussions indirectes tenu la semaine précédente au Sultanat d’Oman.
Le Sultanat d’Oman doit jouer le rôle de médiateur dans cette nouvelle série de pourparlers, tandis que la Suisse continue d’assurer un rôle central dans la facilitation des communications entre Washington et Téhéran depuis la rupture des relations diplomatiques en 1980 à la suite de la crise des otages.
Des discussions similaires avaient échoué l’année dernière après le déclenchement d’un conflit de douze jours en juin, au cours duquel Israël avait mené des frappes contre l’Iran et les États-Unis bombardé des sites nucléaires iraniens.
À Genève, Abbas Araghchi doit rencontrer ses homologues suisse et omanais, ainsi que le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, dans le but de maintenir ouverts les canaux de négociation dans un climat régional particulièrement tendu.
Le président américain Donald Trump continue de brandir la menace de la force pour contraindre l’Iran à restreindre son programme nucléaire, tandis que son administration affirme que Téhéran ne doit en aucun cas enrichir de l’uranium. L’Iran rejette cette position et maintient que son programme est de nature pacifique.
Après le déploiement du porte-avions USS Abraham Lincoln et de bâtiments qui l’accompagnent dans le Golfe en janvier, Donald Trump a annoncé vendredi qu’un second porte-avions, le Gerald Ford, serait envoyé « très prochainement » au Moyen-Orient.
De son côté, l’Iran a menacé de riposter par une contre-attaque. Plusieurs pays de la région ont averti qu’une offensive pourrait dégénérer en un nouveau conflit régional.
