Malgré les pertes Comment les groupes affiliés à Daech continuent-ils de soutenir leurs attaques à l’échelle mondiale ?

Malgré l’annonce de sa défaite militaire en Irak et en Syrie en 2019, l’organisation terroriste Daech n’a pas disparu. Au contraire, elle s’est restructurée sous une forme plus complexe, adoptant une stratégie basée sur des organisations affiliées qui se répandent dans des zones instables à travers le monde.
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Selon des experts et des rapports de renseignement occidentaux, Daech constitue toujours une menace mondiale, ses groupes affiliés ayant mené des attaques dévastatrices en 2024, allant de l’Iran et de la Russie aux États-Unis, en Europe et en Afrique.
Dans ce contexte, le réseau « Al-Hurra » s’est interrogé : comment l’organisation continue-t-elle à financer ses opérations malgré ses lourdes pertes ?
En réponse à cette question, l’analyste en sécurité Adrian Shtony a déclaré : « Daech est devenu plus complexe et plus difficile à combattre en tant qu’organisation décentralisée, comparé à la période de son soi-disant califat, où il existait une entité unique pouvant être ciblée militairement. »
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Une baisse du nombre d’attaques, mais une augmentation de leur létalité
Selon les données de la société de renseignement « Dragonfly », Daech et ses branches ont mené en moyenne 600 attaques par an au cours des trois dernières années, contre 770 attaques par an durant les trois années précédentes. Cependant, ces attaques sont devenues 40 % plus meurtrières, avec une augmentation significative du nombre de victimes par attaque.
De nouvelles sources de financement
Daech ne dépend plus des revenus pétroliers comme ce fut le cas lors de sa domination en Syrie et en Irak. Il s’appuie désormais sur des méthodes alternatives de financement, parmi lesquelles :
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- Les enlèvements contre rançon : Cette méthode constitue l’une des principales sources de revenus de l’organisation, qui détient des civils et des étrangers en otage en exigeant des sommes considérables pour leur libération.
- L’extorsion et la taxation : Dans les zones qu’il contrôle, Daech impose des « taxes » aux entreprises et aux habitants, exploitant leur peur pour asseoir son autorité.
- Le pillage et le vol : L’organisation cible des banques, des entreprises et pille les marchés locaux pour financer ses opérations.
- Le trafic humain : Notamment dans des régions comme l’Afrique et la Syrie.
- Les cryptomonnaies : Daech a développé l’usage des monnaies numériques, comme le Bitcoin, afin de transférer de l’argent en toute discrétion, échappant ainsi à la surveillance des services de renseignement internationaux.
- Le soutien extérieur : Des donateurs anonymes basés dans divers pays continuent de financer l’organisation.
Une menace persistante
Les milliers de combattants de Daech détenus en Syrie représentent un danger pour l’avenir. Le général Michael Kurilla, commandant du Commandement central américain, a averti que ces prisonniers constituent « une armée de Daech en détention », et qu’une évasion massive pourrait provoquer une nouvelle crise sécuritaire dans la région.
L’exploitation du numérique
L’une des évolutions les plus inquiétantes de Daech est son utilisation intensive d’Internet. Les experts soulignent que l’organisation exploite les réseaux sociaux et les applications chiffrées pour diffuser son idéologie, recruter de nouveaux combattants et collecter des fonds.