L’offensive iranienne contre les pays du Golfe vise à accroître la pression sur Washington afin de mettre fin à la guerre
L’Arabie saoudite, Bahreïn et le Koweït ont annoncé avoir intercepté des dizaines de missiles et de drones dans leur espace aérien au cours des dernières heures, dans le dernier épisode de l’escalade régionale liée à la guerre opposant l’Iran, d’une part, à Israël et aux États-Unis, d’autre part.
Ces développements surviennent alors que l’ampleur des attaques visant plusieurs pays arabes s’est élargie depuis la fin du mois de février, tandis que les craintes d’une transformation du conflit en une confrontation régionale de grande ampleur ne cessent de croître.
Le ministère saoudien de la Défense a indiqué, à l’aube de samedi, que ses systèmes de défense aérienne avaient intercepté 17 drones et missiles balistiques lancés en direction d’objectifs à l’intérieur du royaume. Dans un communiqué publié sur la plateforme X, il a précisé que la défense aérienne avait détruit un drone à l’est de la capitale Riyad, tandis que 16 autres drones avaient été interceptés et détruits dans le désert du Rub al-Khali après avoir tenté de viser le champ pétrolier de Shaybah, situé au sud-est du pays.
Le ministère a également indiqué qu’un missile balistique avait été lancé en direction de la base aérienne Prince Sultan, dans la province d’Al-Kharj au sud-est de Riyad, mais que les défenses saoudiennes avaient réussi à l’intercepter et à le détruire avant qu’il n’atteigne sa cible. Les autorités saoudiennes n’ont pas précisé l’origine de ces attaques, mais leur calendrier coïncide avec une vague d’attaques iraniennes visant des sites dans plusieurs pays arabes ces derniers jours.
À Bahreïn, le commandement général de la Force de défense a annoncé que les systèmes de défense aérienne avaient intercepté et détruit 84 missiles et 147 drones visant le royaume depuis le début des attaques iraniennes le 28 février. Dans un communiqué, le commandement a qualifié les attaques contre des installations civiles de « violation flagrante du droit international humanitaire » et de « menace directe pour la paix et la stabilité dans la région ».
Le ministère bahreïnien de l’Intérieur a également annoncé, dans deux communiqués distincts, le déclenchement de sirènes d’alerte à travers le pays à deux reprises en l’espace d’environ une heure, dans le cadre de mesures de précaution après la détection de menaces aériennes potentielles.
Au Koweït, le ministère de la Défense a déclaré avoir intercepté 14 missiles et 12 drones dans l’espace aérien du pays vendredi. Selon le ministère, les défenses aériennes ont détruit 12 drones dans le nord et le centre du pays, tandis que 14 missiles ont été interceptés dans les régions du sud. Il a ajouté que la chute de débris provenant de certains projectiles avait causé des dégâts matériels limités, sans fournir davantage de détails.
Ces attaques s’inscrivent dans une escalade plus large impliquant huit pays arabes — l’Arabie saoudite, le Koweït, les Émirats arabes unis, le Qatar, Bahreïn, le Sultanat d’Oman, la Jordanie et l’Irak — qui ont été visés par une série d’attaques de missiles et de drones depuis le 28 février.
L’Iran affirme que ces attaques visent des « intérêts américains » dans ces pays, dans le cadre de sa riposte aux opérations militaires menées par les États-Unis et Israël sur le territoire iranien. Toutefois, certaines de ces attaques ont touché des zones civiles et causé des dommages à des infrastructures non militaires, notamment des ports, des installations économiques et des bâtiments résidentiels, suscitant des condamnations régionales et internationales.
Parallèlement aux attaques contre les pays de la région, l’Iran continue de lancer des missiles et des drones en direction d’Israël, en réponse aux frappes américaines et israéliennes qui ont débuté fin février. Selon des informations, ces frappes auraient fait des centaines de morts en Iran, parmi lesquels le guide suprême Ali Khamenei et plusieurs hauts responsables sécuritaires.
Des observateurs estiment que l’élargissement des attaques à un nombre croissant de pays du Golfe marque une nouvelle phase du conflit, qui ne se limite plus à la confrontation directe entre l’Iran et Israël. Cette évolution suscite également des inquiétudes quant aux risques croissants pesant sur les infrastructures énergétiques du Golfe, notamment après la tentative de ciblage d’installations pétrolières telles que le champ de Shaybah en Arabie saoudite.
Dans ce contexte d’escalade, les appels internationaux et régionaux se multiplient pour contenir le conflit et éviter qu’il ne dégénère en une guerre régionale ouverte susceptible de menacer la sécurité énergétique mondiale et la stabilité de l’ensemble de la région.
