Politique

L’Iran réorganise ses factions au Yémen et en Irak sous la pression des frappes américaines


Des sources bien informées ont confirmé que Téhéran procède à une réorganisation de ses factions au Yémen et en Irak, en réponse aux récentes actions américaines, notamment les frappes et raids aériens menés contre les Houthis, son bras armé au Yémen.

Selon le site d’information local Al-Muntasaf, ces sources indiquent que l’Iran mène une guerre de l’ombre, utilisant les territoires des deux pays comme champs de bataille et les populations irakienne et yéménite comme boucliers humains, tout en préservant son propre territoire et sa population. Elles affirment également que l’Iran a mis en place une cellule de coordination regroupant des services de renseignement, les Gardiens de la révolution et des références religieuses pour superviser les opérations conjointes entre les Houthis au Yémen et les Forces de mobilisation populaire (Al-Hashd Al-Shaabi) en Irak.

Les sources précisent que la récente visite de l’ancien Premier ministre irakien Adel Abdel Mahdi à Sanaa, où il a rencontré des dirigeants houthis, a été mandatée par l’Iran. Abdel Mahdi, connu pour ses liens étroits avec Téhéran, aurait facilité un accord visant à évacuer un siège clé des Houthis à Bagdad, en conformité avec les directives iraniennes et les recommandations irakiennes.

Toutefois, la présence diplomatique houthie en Irak reste maintenue, ce qui, selon de nombreux Irakiens opposés à l’influence iranienne, constitue une menace persistante de la mainmise de Téhéran sur leur pays.

Des renseignements collectés en 2023 ont révélé que des factions chiites pro-iraniennes en Irak ont facilité l’ouverture de ce siège houthiste à Bagdad. Ce bureau sert à coordonner des activités variées, notamment le transfert de combattants, d’armes et de drogues depuis l’Iran, en passant par Bagdad, jusqu’aux territoires contrôlés par les Houthis.

Les sources ajoutent que les Houthis pourraient être contraints de fermer deux autres sites en raison de la pression croissante exercée par le Cadre de coordination irakien, qui craint qu’ils ne deviennent des cibles de frappes américaines dans le cadre de l’intensification des attaques contre les réseaux iraniens dans la région.

Un rapport récent du Groupe d’experts du Conseil de sécurité de l’ONU sur le Yémen a mis en lumière les liens étroits entre certaines factions irakiennes et les Houthis, notamment en ce qui concerne la logistique des trafics d’armes, la formation de combattants et la livraison de matériel destiné aux attaques terroristes contre les navires dans la région.

Le rapport détaille les relations des Houthis avec l’axe de la « résistance » pro-iranienne, notamment en Irak et au Liban, ainsi que la coopération militaire entre les milices houthis et ces groupes armés.

Il souligne également que des groupes armés irakiens soutiennent largement les Houthis en leur fournissant financements, armement et entraînements. Des combattants irakiens ont été envoyés au Yémen pour renforcer les rangs houthis, tandis que des fonds considérables ont été collectés en Irak par le Hezbollah irakien.

Selon le rapport, les milices irakiennes envoient des experts et des combattants au Yémen depuis 2015 pour superviser la formation des Houthis, leur transférer des technologies militaires et participer directement aux combats à leurs côtés. Il précise que les Forces de mobilisation populaire irakiennes ont entraîné environ 80 combattants houthis dans un centre de formation à Behbahan, dans la région de Jurf Al-Sakhar à Bagdad. Parmi ces combattants figuraient des commandants des brigades houthis, qui ont ensuite été déployés dans les provinces côtières du Yémen, telles que Hodeïda et Hajjah.

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