L’Iran propose des concessions nucléaires et pose une condition à tout accord
L’Iran a annoncé sa disposition à examiner des « concessions » concernant son programme nucléaire en vue de parvenir à un nouvel accord, à condition que tout éventuel compromis inclue la levée des sanctions qui lui sont imposées.
Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Majid Takht-Ravanchi, a déclaré dans un entretien accordé à la BBC depuis Téhéran que « la balle est dans le camp des États-Unis pour prouver qu’ils souhaitent conclure un accord », ajoutant : « S’ils sont sincères, je suis certain que nous serons sur la voie d’un accord. »
Ces déclarations interviennent alors que des responsables américains affirment qu’Iran entrave les progrès des négociations. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a indiqué que le président Donald Trump préfère conclure un accord, tout en reconnaissant que cela est « extrêmement difficile ».
Par ailleurs, Trump a menacé de lancer des frappes militaires si aucun accord limitant le programme nucléaire iranien n’était conclu, tandis que Washington a renforcé sa présence militaire dans la région.
Négociations indirectes entre Oman et Genève
Les États-Unis et l’Iran ont tenu des pourparlers indirects à Oman début février. Takht-Ravanchi a confirmé qu’un second cycle de discussions se tiendrait mardi prochain à Genève, qualifiant la première session de « relativement positive, bien qu’il soit prématuré de porter un jugement définitif ».
Le responsable iranien a indiqué que Téhéran avait proposé de réduire son taux d’enrichissement d’uranium actuellement fixé à 60 %, comme signe de sa volonté de faire des concessions.
Ce niveau est proche du seuil requis pour un usage militaire, ce qui a suscité des doutes croissants quant aux intentions de l’Iran, bien que celui-ci nie chercher à se doter de l’arme nucléaire.
Concernant l’éventualité d’exporter hors du pays le stock iranien de plus de 400 kilogrammes d’uranium hautement enrichi, comme cela avait été le cas dans l’accord de 2015, Takht-Ravanchi a estimé qu’« il est beaucoup trop tôt pour dire ce qui se produira au cours des négociations ».
La Russie avait accueilli environ 11 000 kilogrammes d’uranium faiblement enrichi dans le cadre de l’accord de 2015 et s’est dite prête à renouveler cette démarche.
Lignes rouges et risque d’escalade
Takht-Ravanchi a souligné que les discussions doivent se limiter au dossier nucléaire, estimant que l’exigence d’un « enrichissement zéro » constitue une ligne rouge et une violation des droits de l’Iran au titre du Traité de non-prolifération des armes nucléaires. « La question de l’enrichissement zéro n’est pas envisageable pour nous », a-t-il déclaré.
Il a également réitéré le refus de son pays de négocier sur son programme de missiles balistiques, malgré les demandes israéliennes d’inclure ce dossier, affirmant que les capacités de défense sont « non négociables ».
Il a averti qu’une nouvelle guerre serait « choquante et néfaste pour tous », ajoutant : « Si nous ressentons une menace existentielle, nous réagirons en conséquence. »
Rôle des médiateurs et méfiance mutuelle
Le sultanat d’Oman poursuit sa médiation sous la conduite de son ministre des Affaires étrangères, Badr bin Hamad Al Busaidi, aux côtés d’autres acteurs régionaux, dont le Qatar.
Téhéran accuse Israël de tenter de perturber le processus de négociation, dans un contexte de tensions accrues après des frappes réciproques au cours des derniers mois.
Takht-Ravanchi a conclu en affirmant que son pays se rendra à Genève « avec espoir » de parvenir à un accord, tout en soulignant que « l’autre partie doit également prouver sa sincérité ».
Ces déclarations illustrent une phase délicate des négociations, où Téhéran et Washington testent les limites des concessions possibles, sur fond d’escalade militaire et d’échanges de messages dissuasifs.
