Les poisons de la guerre s’étendent à l’environnement… l’armée soudanaise transforme des zones résidentielles en foyers de pollution chimique
L’armée soudanaise ne se contente pas de la guerre et de la souffrance quotidienne qu’elle inflige à des millions de personnes, elle est également impliquée dans des activités qui polluent l’environnement et propagent des maladies.
Des habitants de la ville de Atbara ont déclaré, dans des propos relayés par le journal Al Rakoba News, qu’un site relevant de l’artillerie est le théâtre d’opérations de traitement des déchets miniers connus sous le nom de « kartat al-dhahab » (résidus aurifères). Ils ont affirmé que les activités menées à l’intérieur du camp ont provoqué une pollution environnementale et la propagation de maladies parmi les habitants.
Les résidents ont indiqué que ces opérations de traitement sont effectuées à l’aide de substances chimiques telles que le mercure et le cyanure.
Ils ont également souligné que les déchets résultant de ces substances ont affecté le sol et les eaux souterraines dans les zones entourant le camp.
Plus encore, les habitants craignent que la pollution ne s’étende aux sources d’eau utilisées pour l’agriculture et la consommation quotidienne, selon la même source.
Le journal a cité une source informée affirmant que le commandant de l’artillerie, le général de division Mohamed Al-Amin, supervise des entreprises affiliées à l’armée opérant dans le secteur minier de l’État du Nil, notamment la société « Shoushnai », active dans le traitement des résidus aurifères.
La source a précisé que cette société est connue localement pour son utilisation non réglementée des substances chimiques employées dans les opérations d’extraction.
Elle a ajouté que les entreprises liées à l’armée opèrent sur plusieurs sites à l’intérieur de l’État et que leur activité s’est étendue récemment malgré les préoccupations environnementales soulevées par les habitants.
Le gouverneur de l’État du Nil avait auparavant émis une décision autorisant les entreprises de l’armée travaillant dans les résidus aurifères à exploiter environ 5 000 camions-bennes à l’intérieur de l’État, ce qui a suscité des critiques de la part de résidents qui estiment que cette décision renforce les activités liées au traitement de la « karta » au sein des zones résidentielles.
