Moyen-Orient

Les attaques des Houthis privent le port d’Eilat de l’ensemble de ses revenus


Le port israélien souffre d’une paralysie quasi totale en raison de plus de deux années de perturbation des routes maritimes vers la mer Rouge, des attaques contre les navires et des tensions géopolitiques.

Un journal hébreu a révélé, lundi soir, que le port israélien d’Eilat, situé sur la mer Rouge, traverse une « crise historique » en raison des attaques menées par le mouvement houthi yéménite au cours des deux dernières années. Le quotidien souligne que ses revenus ont chuté à un niveau proche de zéro, tandis qu’Israël considère ce groupe allié à Téhéran comme une menace majeure, demeurant le partenaire iranien le plus capable de le viser directement.

Yedioth Ahronoth a indiqué que « le port d’Eilat, longtemps considéré comme un pilier stratégique du sud de l’État d’Israël, traverse la période la plus difficile de son histoire en raison des attaques des Houthis ».

Au cours des deux années de la guerre israélienne contre Gaza, le mouvement houthi a attaqué Israël à l’aide de centaines de missiles et de drones, pris pour cible des navires israéliens en mer Rouge et imposé un blocus maritime aux bâtiments commerciaux liés à Israël.

En réponse, l’armée israélienne a mené de vastes frappes contre des ports yéménites, notamment celui de Hodeïda, ainsi que contre des positions du groupe soutenu par Téhéran dans plusieurs villes, y compris la capitale Sanaa.

Le journal précise que le port « souffre d’une paralysie presque totale en raison de plus de deux années d’interruption des lignes de navigation vers la mer Rouge, des attaques contre les navires et des perturbations géopolitiques », ajoutant que « les employés du port arrivent chaque matin sur des quais vides, prêts à travailler, mais aucun navire n’accoste ».

Les recettes du port, qui s’élevaient auparavant à environ 240 millions de shekels par an (76 millions de dollars), ont chuté à un niveau proche de zéro, tandis que l’aide de l’État destinée à soutenir le port n’a atteint que 15 millions de shekels (environ 5 millions de dollars), selon la même source.

D’après le journal, les ministères israéliens des Finances et des Transports ont récemment annoncé qu’ils ne prolongeraient pas la concession d’exploitation du port, celui-ci ne remplissant plus les conditions requises.

Le port envisage d’engager une bataille judiciaire contre cette décision et demande à l’État de revenir sur sa position. Le quotidien précise que depuis novembre 2023, date à laquelle les Houthis ont pris le contrôle d’un navire en route vers Israël, « les activités du port ont été totalement interrompues ».

Le journal ajoute que « cette crise a frappé le port d’Eilat après une année 2023 record, durant laquelle près de 150 000 véhicules avaient transité par le port jusqu’en octobre, avec des prévisions d’environ 15 000 véhicules supplémentaires ».

Il poursuit : « Le 7 octobre 2023, l’État évoquait la possibilité pour le port d’Eilat de venir en aide aux ports de Haïfa et d’Ashdod, alors menacés. Mais les Houthis, dont l’intervention n’avait pas été anticipée, ont bouleversé la donne et réussi à paralyser le port méridional ».

Avec le soutien des États-Unis, Israël a lancé, depuis le 8 octobre 2023, une guerre de destruction massive à Gaza, qui s’est poursuivie pendant deux ans et a fait plus de 71 000 morts et plus de 171 000 blessés palestiniens, en majorité des femmes et des enfants.

Une première phase de cessez-le-feu est entrée en vigueur le 10 octobre 2025, sur la base d’un plan proposé par le président américain Donald Trump. Toutefois, Israël le viole quotidiennement, entraînant la mort de 442 Palestiniens et faisant 1 236 blessés.

Israël restreint également de manière drastique l’entrée de denrées alimentaires, de médicaments, de fournitures médicales et de matériel d’hébergement à Gaza, où environ 2,4 millions de Palestiniens vivent dans des conditions humanitaires extrêmement difficiles.

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