Moyen-Orient

Le spectre d’une invasion israélienne plane sur le sud du Liban


Washington a appelé Israël à accorder davantage de temps aux contacts politiques avec le gouvernement libanais, dans une tentative d’éviter une escalade militaire de grande ampleur dans la région.

Le gouvernement israélien étudie la possibilité de lancer une opération militaire au Liban afin de faire face à ce qu’il décrit comme une « menace du Hezbollah », accusant le mouvement soutenu par l’Iran d’avoir réussi à réorganiser ses rangs durant la période de cessez-le-feu.

Selon l’Autorité de radiodiffusion israélienne, les discussions en cours à Tel-Aviv dépassent l’option des frappes aériennes limitées. L’hypothèse d’une opération terrestre ou d’une offensive élargie serait désormais sur la table des décideurs, d’après deux sources informées du dossier.

Les mêmes sources indiquent que le Premier ministre Benjamin Netanyahou a abordé la question d’un élargissement du champ des opérations militaires au Liban lors de sa rencontre avec le président américain Donald Trump en Floride, mais Washington aurait demandé de temporiser.

L’administration américaine aurait ainsi appelé à laisser davantage de temps aux contacts politiques avec Beyrouth, dans l’espoir d’éviter une escalade militaire majeure.

Les autorités officielles israéliennes affirment que le Hezbollah a réussi à récupérer une partie de ses capacités durant la période de calme relatif. L’État hébreu rejette la responsabilité sur le gouvernement libanais, l’accusant d’être incapable de monopoliser les armes au profit de l’État, ce qui servirait à légitimer une intervention militaire directe et à contourner le rôle de l’armée libanaise et de la FINUL comme garants de la sécurité.

Cette pression place l’armée libanaise devant un dilemme difficile : soit entrer dans une confrontation directe avec le Hezbollah pour le désarmer — au risque d’une guerre interne — soit faire face à une invasion israélienne. Deux scénarios dont aucun n’est souhaitable.

Des analystes israéliens estiment qu’une éventuelle incursion terrestre ne serait pas une « promenade militaire ». Elle se heurterait à plusieurs obstacles, notamment la préférence du Hezbollah pour le combat terrestre sur son propre territoire, ce qui pourrait entraîner pour l’armée israélienne des pertes humaines difficiles à accepter pour l’opinion publique.

Toute opération terrestre d’envergure menace également de faire échouer totalement les efforts diplomatiques, exposant Israël à une confrontation avec la communauté internationale, y compris avec ses alliés européens. Une telle incursion pourrait aussi entraîner l’implication directe d’autres acteurs du « camp de la résistance », transformant le conflit en guerre régionale.

Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en novembre 2024, la région n’a pas retrouvé une stabilité complète. Les signaux actuels d’escalade s’expliquent notamment par le maintien par Israël de cinq positions stratégiques à l’intérieur du territoire libanais, laissant le retrait total en suspens.

Le mois en cours apparaît comme une échéance fixée par Israël et par certaines puissances internationales pour que le gouvernement libanais procède au désarmement du Hezbollah au sud du Litani, condition jugée indispensable par Tel-Aviv pour éviter une confrontation majeure.

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