Le sanctuaire de Qom et le sort de Mojtaba… une note diplomatique révèle des surprises
Une note diplomatique de haut niveau, qui serait fondée sur des évaluations des services de renseignement, a révélé des développements préoccupants concernant l’état de santé du Guide suprême de l’Iran.
Selon la note, consultée par le journal britannique The Times, Khamenei (56 ans) se trouverait à Qom dans un état critique, décrit comme « inconscient et incapable de participer au processus décisionnel au sein du régime ».
Cette évaluation soulève de profondes interrogations quant à la capacité de la direction iranienne à gérer les affaires du pays, alors que des responsables iraniens continuent d’affirmer que le nouveau Guide exerce toujours le pouvoir, sans fournir de preuves tangibles.
Depuis l’annonce de sa désignation comme successeur de son père au début du mois de mars, Mojtaba Khamenei n’est apparu publiquement ni n’a été entendu. Sa présence médiatique s’est limitée à deux déclarations écrites qui lui sont attribuées, ainsi qu’à une vidéo produite à l’aide de l’intelligence artificielle diffusée par la télévision officielle, ce qui a renforcé les doutes quant à sa situation réelle.
L’absence de tout enregistrement sonore ou apparition directe renforce les récits selon lesquels il serait entré dans un coma ou un état proche du coma depuis qu’il a été blessé lors du raid aérien qui a coûté la vie à son père et à plusieurs membres de sa famille au début de la guerre.
Qom, centre des événements
La note indique que la ville de Qom, considérée comme le cœur religieux du chiisme en Iran, est devenue un point central des développements actuels.
Outre la présence du nouveau Guide pour y recevoir des soins, le corps de son père, l’ancien Guide Ali Khamenei, y serait préparé pour l’inhumation, marquant un changement par rapport au récit officiel antérieur qui indiquait qu’il serait enterré à Mashhad, sa ville natale, selon la note.
Les services de renseignement auraient également observé des préparatifs pour la construction d’un grand mausolée comportant plusieurs tombes, ouvrant la voie à la possibilité d’y enterrer d’autres membres de la famille, et peut-être Mojtaba Khamenei lui-même à l’avenir, selon The Times citant le document.
Le report des funérailles officielles d’Ali Khamenei avait suscité une vive controverse, notamment parce qu’il contredit les traditions chiites qui prévoient un enterrement rapide.
Téhéran a justifié ce report par l’attente d’« une affluence populaire sans précédent », mais des observateurs estiment que les raisons pourraient être d’ordre sécuritaire ou liées à une instabilité interne du régime.
Mercredi prochain marquera le quarantième jour depuis le décès de Khamenei père, une étape religieuse importante qui correspond à la fin de la période de deuil traditionnelle.
Les services de sécurité craignent que tout grand rassemblement populaire puisse être exploité pour exprimer la colère publique ou mener des actes de sabotage, surtout dans un contexte de tensions internes croissantes.
Ces développements alimentent les hypothèses selon lesquelles le Corps des Gardiens de la révolution islamique serait devenu l’acteur effectif dans la gestion du pays, en raison de l’absence ou de l’incapacité du nouveau Guide.
Sur le plan international, le président américain Donald Trump a déclaré qu’il était en contact avec d’autres responsables iraniens, affirmant qu’il ne traitait pas directement avec le nouveau Guide, ce qui ajoute davantage d’ambiguïté quant à la personne qui exerce réellement le pouvoir à Téhéran.
