Le passage de Rafah pris entre deux récits : Netanyahou reviendra-t-il sur l’ouverture du corridor vers Gaza ?
Le passage de Rafah refait surface, chargé de récits divergents, entre une position israélienne ferme et les déclarations palestiniennes évoquant des arrangements en attente du feu vert.
Un responsable palestinien a révélé que « ces derniers jours ont été marqués par des consultations palestino-égyptiennes concernant la réouverture du côté palestinien du passage de Rafah », qui sépare la bande de Gaza de l’Égypte.
Le responsable, qui a préféré garder l’anonymat, a indiqué qu’un accord avait été trouvé pour rouvrir le passage selon les mêmes modalités appliquées au début de l’année 2025.
Selon ces arrangements, le passage serait ouvert conformément à l’accord de 2005, mais avec certaines modifications.
Des observateurs européens se trouvaient au passage, ainsi que des employés de l’Autorité palestinienne, mais sans porter l’uniforme officiel de l’Autorité.
Position israélienne différente
En revanche, la chaîne de diffusion israélienne a rapporté ce mardi les propos de Netanyahou : « Nous n’ouvrirons pas le passage de Rafah tant que Ran Guille n’aura pas été restitué », faisant référence au dernier otage israélien dans la bande de Gaza.
Selon la chaîne, « évaluant la situation sécuritaire après son retour des États-Unis, le Premier ministre Netanyahou a déclaré qu’il existe des accords avec l’administration américaine prévoyant de ne pas ouvrir le passage de Rafah avant le retour de l’astronaute kidnappé Ran Guille ».
Elle a ajouté que « Israël considère le passage de Rafah comme l’un des derniers leviers de pression importants ».
À ce jour, aucun commentaire officiel n’a été émis par le bureau de Netanyahou à ce sujet.
Qui aura la priorité en cas d’ouverture ?
Selon le responsable palestinien, si le passage est ouvert, la priorité pour sortir sera donnée aux malades, aux blessés et aux titulaires de passeports étrangers.
Il a précisé que le passage serait ouvert dans les deux sens, permettant aux Palestiniens de Gaza de retourner dans le territoire après inscription de leur nom auprès de l’ambassade palestinienne en Égypte.
Il a toutefois indiqué que la date exacte de réouverture n’a pas été fixée et que l’accord israélien est encore attendu, soulignant que l’administration américaine exerce une pression pour sa réouverture.
Mécanisme israélien
Les médias israéliens ont indiqué que Tel-Aviv prévoit de surveiller à distance les personnes quittant le passage grâce à des caméras installées sur le site.
Un poste de contrôle israélien sera également placé à l’entrée du passage pour procéder à des fouilles corporelles des personnes retournant dans la bande de Gaza, selon les médias hébreux.
En octobre dernier, Israël et le Hamas étaient parvenus à un accord de cessez-le-feu après deux ans de guerre ayant détruit Gaza et coûté la vie à plus de 70 000 Palestiniens, selon les chiffres du ministère de la Santé de Gaza.
Conformément à cet accord, négocié avec la médiation américaine, égyptienne, qatarie et turque, l’ouverture du passage de Rafah devait intervenir dans la première phase.
La deuxième phase prévoyait le retrait d’Israël de ses positions actuelles à Gaza et la prise de contrôle du territoire par une autorité de transition, avec le déploiement d’une force de stabilité internationale.
Dimanche, Netanyahou a déclaré : « Nous prévoyons très bientôt de passer à la phase deux, qui est plus difficile. »
Le mois dernier, Israël avait annoncé son intention d’ouvrir le passage dans un seul sens, permettant uniquement aux habitants de Gaza de se rendre en Égypte, mais Le Caire a rapidement nié son accord, insistant sur la nécessité d’une ouverture dans les deux sens.
