Politique

Le mystère du survivant permanent en Iran : la disparition d’Ismaïl Qaani alimente des spéculations d’espionnage au profit d’Israël


Les interrogations se multiplient autour du sort d’Ismaïl Qaani, commandant de la Force Al-Qods, après sa disparition de la scène publique et la montée de spéculations selon lesquelles il pourrait être un « collaborateur » d’Israël.

Selon plusieurs rapports de presse, dont un article du quotidien britannique The Telegraph, Qaani est devenu le centre d’une controverse croissante après avoir survécu à la frappe survenue au début de la guerre, qui avait entraîné la mort du Guide suprême iranien Ali Khamenei ainsi que de plusieurs de ses proches collaborateurs.

Certaines versions relayées dans les médias suggèrent que le général de 68 ans aurait pu être placé en résidence surveillée, voire exécuté, en raison de soupçons internes concernant une éventuelle coopération avec Israël. Aucune confirmation officielle n’a toutefois été donnée par les autorités iraniennes.

En tant que commandant de la Force Al-Qods, l’une des cinq branches du Corps des gardiens de la révolution islamique, Qaani était, selon The Telegraph, responsable depuis 2020 de l’exportation du terrorisme dans la région, notamment par la formation et l’armement de groupes armés opérant en dehors de l’Iran.

Il avait succédé à Qassem Soleimani, tué lors d’une frappe américaine près de l’aéroport de Bagdad en 2020.

Un homme qui « survit toujours »

Au cours des dernières années, Qaani s’est forgé une réputation singulière en raison de sa capacité répétée à survivre à des attaques meurtrières. Plusieurs rapports indiquent qu’il aurait « passé les deux dernières années à survivre à des attaques alors que ceux qui l’entouraient étaient tués ».

L’un des épisodes marquants remonte à la guerre de douze jours menée par Israël contre l’Iran en juin dernier, lorsque plusieurs hauts responsables des Gardiens de la révolution furent ciblés simultanément. Qaani avait alors été initialement présumé mort, avant de réapparaître plus tard lors d’un événement public, vêtu de vêtements civils et portant une casquette de baseball.

Cette séquence a rappelé des événements similaires survenus en octobre 2024.

Les rumeurs ont également été alimentées par des informations évoquant l’existence d’une liste israélienne de personnalités iraniennes ciblées pour des opérations d’assassinat durant la guerre, sur laquelle le nom de Qaani ne figurait pas.

Parallèlement, certains rapports indiquent que les services de sécurité internes des Gardiens de la révolution l’auraient interrogé afin d’examiner ces soupçons.

Cependant, un compte en langue persane sur la plateforme X, supposé être lié au Mossad, avait nié l’année dernière que Qaani fasse partie de ses agents.

Une vérité encore inconnue

The Telegraph cite également des sources israéliennes issues du milieu du renseignement affirmant que la réalité demeure incertaine.

L’une de ces sources déclare : « Au final, personne ne connaît la vérité. Il est peut-être réellement ce qu’il affirme être, un général fidèle au régime iranien. Mais ces rumeurs pourraient aussi faire partie d’une opération visant à l’affaiblir et à miner son rôle face à Israël. »

Ces spéculations émergent dans un contexte où plusieurs indices semblent indiquer une importante infiltration israélienne des appareils de sécurité iraniens.

Certains éléments ont ainsi été évoqués concernant les méthodes utilisées pour l’assassinat de Khamenei, notamment le piratage du système de diffusion des caméras de circulation à Téhéran.

Il a également été rapporté que le Mossad aurait opéré sur le terrain durant la guerre de juin afin d’aider à neutraliser les défenses antiaériennes iraniennes.

Il reste toutefois impossible de déterminer si des agents israéliens ont effectivement réussi à s’infiltrer en Iran avant le déclenchement du conflit actuel.

Une comparaison inévitable avec Soleimani

Au sein des Gardiens de la révolution, Qaani est généralement considéré comme moins charismatique et moins influent que son prédécesseur Qassem Soleimani. Néanmoins, il dispose d’une longue expérience acquise depuis sa participation à la guerre Iran-Irak et est perçu comme une figure loyale au régime, selon The Telegraph.

Toutefois, sa disparition de la scène publique et sa survie répétée à des opérations meurtrières continuent d’alimenter les interrogations quant à son véritable sort.

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