Grand Maghreb

Le Maroc renforce sa position sur la carte mondiale de l’aéronautique


Le projet de création d’une usine de production de systèmes d’atterrissage d’avions à Nouaceur traduit concrètement la transformation industrielle du pays, en s’appuyant sur les normes technologiques les plus récentes et des chaînes de production modernes répondant aux exigences de l’industrie aéronautique mondiale.

Le roi du Maroc, Mohammed VI, a présidé vendredi au palais royal de Casablanca la cérémonie de présentation et de lancement du projet de création de cette usine, qui appartient au groupe Safran. Cette initiative renforce la position du Maroc sur la carte des industries aéronautiques mondiales et consacre sa stratégie visant à établir une base industrielle de haute technologie capable de s’intégrer dans les chaînes de valeur internationales.

La nouvelle usine, qui sera implantée à Nouaceur au sein de la plateforme industrielle spécialisée dans les métiers de l’aéronautique et de l’espace « MedPark », constituera l’un des plus grands centres mondiaux de production de systèmes d’atterrissage pour Safran Landing Systems. Elle comprendra une chaîne industrielle complète incluant la fabrication de précision, l’assemblage à haute technologie, les tests, la certification et les services de maintenance avancés. Cette intégration illustre l’orientation de Rabat vers la transformation d’un rôle de simple site d’assemblage en un centre de développement et de production technologique intégré.

Lors de la cérémonie, un film institutionnel a retracé le parcours de l’industrie marocaine au cours des vingt dernières années, mettant en lumière la transformation structurelle du secteur grâce aux investissements dans les compétences humaines, les infrastructures logistiques et l’environnement d’investissement.

Le projet traduit concrètement ce changement, notamment en adoptant les standards technologiques les plus récents et des systèmes de production modernes alignés sur les exigences mondiales.

Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Riyad Mezouar, a souligné que le Maroc a réussi en vingt ans à s’imposer comme une plateforme de référence dans l’industrie aéronautique. Il a rappelé que le partenariat avec Safran, qui dure depuis plus d’un quart de siècle, a permis le transfert de savoir-faire, le développement des compétences locales et l’intégration du royaume dans cette industrie de haute précision. La nouvelle usine couvrira une superficie de plus de sept hectares, reflétant l’envergure du pari industriel et des investissements associés.

Il a ajouté que la fabrication locale des systèmes d’atterrissage témoigne de la maîtrise avancée de la technologie de précision par l’industrie nationale et représente une étape supplémentaire vers un approfondissement de l’intégration industrielle et de la valeur ajoutée locale au sein des chaînes de production internationales. Le secteur aéronautique marocain emploie aujourd’hui environ 25 000 compétences reconnues mondialement, illustrant le développement du capital humain spécialisé.

Pour sa part, le président du conseil d’administration de Safran, Ross McInnes, a précisé que ce projet s’inscrit dans la continuité des initiatives industrielles précédentes du groupe au Maroc. Il a souligné que l’usine à venir sera l’une des plus grandes unités mondiales spécialisées dans les systèmes d’atterrissage et contribuera à répondre à la demande croissante en production d’avions, tout en renforçant la flexibilité du modèle industriel grâce à la réduction des chaînes d’approvisionnement et la proximité des lignes d’assemblage européennes.

L’investissement dans ce projet devrait dépasser 280 millions d’euros, avec la création d’environ 500 emplois directs dès le démarrage, ainsi que des opportunités indirectes au sein des chaînes d’approvisionnement et des services associés. L’usine fonctionnera entièrement à l’énergie sans carbone, en cohérence avec les orientations internationales vers une production durable à faible émission.

Les observateurs estiment que le projet dépasse le cadre d’un investissement industriel isolé, reflétant un repositionnement stratégique du Maroc dans le domaine industriel, désormais perçu comme un partenaire de production et non simplement comme une base de fabrication à faible coût. Cette orientation renforce la capacité du royaume à attirer de nouveaux fournisseurs mondiaux, contribuant à l’expansion de l’écosystème industriel national et au développement du réseau de fournisseurs locaux.

À l’issue de la cérémonie, le roi Mohammed VI a présidé la signature du protocole d’accord pour la création de l’usine. Le document a été signé par Riyad Mezouar, ministre de l’Industrie et du Commerce, Karim Zidan, ministre délégué chargé de l’investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques, et Ross McInnes, président du conseil d’administration de Safran.

Cette signature marque le passage du projet de la phase d’annonce à la phase de mise en œuvre effective. L’événement souligne la continuité du Maroc dans le renforcement de sa position sur la carte des industries avancées grâce à l’attraction d’investissements de qualité dans des secteurs stratégiques, en particulier l’aéronautique, l’une des industries les plus dépendantes de l’innovation et de la technologie. Le projet illustre également la confiance des acteurs internationaux dans l’environnement d’investissement marocain et sa stabilité, facteur clé pour attirer des projets à long terme à forte valeur ajoutée.

Ainsi, l’usine ne représente pas seulement un ajout numérique aux investissements industriels, mais constitue une étape qualitative renforçant la position du royaume comme pôle industriel régional capable de concurrencer à l’échelle mondiale, confirmant que la transformation industrielle marocaine a atteint une phase de maturité où les investissements passent de la fabrication traditionnelle aux industries de haute précision à contenu technologique élevé.

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