Le financement de la guerre contre l’Iran provoque une vive division au sein du Congrès
Les estimations initiales indiquent que la guerre contre l’Iran pourrait devenir la plus coûteuse depuis les conflits en Irak et en Afghanistan, ses dépenses ayant dépassé 11 milliards de dollars au cours des six premiers jours seulement, avec un rythme quotidien oscillant entre un et deux milliards de dollars.
La demande de l’administration du président américain Donald Trump d’un financement supplémentaire dépassant 200 milliards de dollars pour la guerre contre l’Iran a déclenché une vague d’opposition marquée au sein du Congrès, reflétant des inquiétudes croissantes quant au coût du conflit et à ses répercussions sur l’économie américaine ainsi que sur les divisions politiques internes.
Selon des responsables américains, le département de la Défense a sollicité l’approbation de la Maison-Blanche pour soumettre cette enveloppe budgétaire massive au Congrès. Bien que le montant final n’ait pas encore été arrêté, l’ampleur même de la demande a suscité de nombreuses interrogations, d’autant plus qu’elle intervient après l’adoption de budgets de défense records au cours des deux dernières années.
Lors d’une conférence de presse, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a justifié la nécessité de ce financement en déclarant que « neutraliser les ennemis nécessite des ressources financières », une formule résumant la logique de l’administration dans la conduite de la guerre, mais qui a en parallèle intensifié les critiques dans les milieux politiques, où l’on estime que ce discours néglige les conséquences économiques et humanitaires du conflit.
Les premières estimations suggèrent que cette guerre pourrait devenir la plus onéreuse depuis celles d’Irak et d’Afghanistan, les dépenses ayant déjà dépassé 11 milliards de dollars en seulement six jours, avec un coût quotidien compris entre un et deux milliards de dollars, selon les évaluations des législateurs. Ces chiffres considérables alimentent les craintes d’un enlisement des États-Unis dans une guerre d’usure financière de long terme.
Les démocrates ont exprimé l’opposition la plus ferme, s’interrogeant sur la justification d’un financement supplémentaire alors que près de 840 milliards de dollars ont été alloués à la défense dans le budget 2026, auxquels s’ajoutent 156 milliards de dollars déjà approuvés dans d’autres programmes de dépenses. Ils considèrent que la poursuite de l’injection de fonds dans la guerre se fait au détriment des programmes sociaux et des services essentiels destinés aux citoyens.
La représentante Pramila Jayapal a déclaré que la question essentielle était « comment allons-nous financer cela ? », qualifiant la demande de « totalement absurde », une position qui reflète une tendance croissante au sein du Parti démocrate à lier la guerre à la dégradation des conditions économiques internes.
Certains démocrates sont allés plus loin en appelant à utiliser le levier budgétaire pour mettre fin au conflit. Le sénateur Chris Van Hollen a affirmé que « la meilleure manière de mettre fin à cette guerre est d’en couper le financement », traduisant une intensification des appels à cesser l’engagement militaire.
Il est notable que ces réserves ne se limitent pas aux démocrates, plusieurs républicains ayant également exprimé leur surprise face à l’ampleur de la demande, parmi lesquels la sénatrice Susan Collins, qui a jugé le montant « bien supérieur à ce qui était attendu », appelant à davantage de transparence et à la tenue d’auditions pour en examiner les détails.
Cette divergence met en lumière des fissures au sein même du camp républicain, malgré sa majorité au Congrès, illustrant la sensibilité de la situation et les préoccupations croissantes quant au coût politique et économique de la guerre.
Sur le plan de l’opinion publique, la guerre ne bénéficie pas d’un large soutien, les sondages indiquant qu’environ un quart seulement des Américains y sont favorables, ce qui accentue la pression sur l’administration, dans un contexte marqué par les inquiétudes liées aux répercussions du conflit sur la vie quotidienne, notamment en raison des perturbations des marchés de l’énergie et de la hausse des prix.
Ces préoccupations s’inscrivent dans un contexte économique déjà fragile, des experts redoutant que la poursuite de dépenses militaires massives n’accroisse le déficit budgétaire et l’inflation, avec un impact direct sur le pouvoir d’achat des citoyens.
Les comparaisons avec les expériences passées renforcent ces inquiétudes, les guerres prolongées au Moyen-Orient ayant entraîné un épuisement des ressources américaines sans résultats stratégiques décisifs, ce qui alimente les mises en garde contre la répétition d’un scénario similaire.
Le débat sur le financement au sein du Congrès révèle ainsi une crise plus profonde dépassant les seuls chiffres, traduisant un affrontement entre une approche favorable à la poursuite de la guerre quel qu’en soit le coût et une autre mettant en garde contre ses conséquences internes, alors que les États-Unis semblent confrontés à un nouvel arbitrage entre sécurité extérieure et stabilité intérieure.
Le coût de la guerre ne suscite pas uniquement inquiétude et divisions aux États-Unis. En Israël également, il commence à susciter des préoccupations. Le quotidien Haaretz a révélé jeudi que les vingt premiers jours de la guerre contre l’Iran ont coûté à l’armée israélienne environ 6,4 milliards de dollars.
Citant des sources informées non identifiées, le journal indique que « les vingt premiers jours de la guerre contre l’Iran ont coûté à l’armée israélienne environ 20 milliards de shekels (près de 6,4 milliards de dollars), soit environ un milliard de shekels par jour », ajoutant que « le budget alloué à la conduite de la guerre s’élève à environ 39 milliards de shekels (près de 12,5 milliards de dollars), ce qui permet, selon les estimations, d’anticiper la durée restante du conflit si le rythme des dépenses se maintient ».
Ces données illustrent l’ampleur du fardeau économique de la guerre, alors que l’institution militaire se prépare à solliciter des budgets supplémentaires à mesure que les opérations se poursuivent.
