Moyen-Orient

Le Conseil de transition du Sud condamne la répression des manifestations à Aden et réclame une commission d’enquête après la mort d’un manifestant


Le Conseil de transition du Sud au Yémen a fermement condamné la répression des manifestations pacifiques à Aden, appelant à la formation d’une commission d’enquête indépendante chargée d’identifier les responsables ayant donné l’ordre d’ouvrir le feu sur les protestataires.

Dans un communiqué publié vendredi, le Conseil a annoncé qu’un manifestant avait été tué et que 21 autres personnes avaient été blessées, selon un bilan encore provisoire, lors de la dispersion d’un rassemblement pacifique organisé devant le palais d’Al-Maachiq, dans la capitale provisoire Aden.

Le Conseil de transition du Sud a déclaré suivre avec une profonde inquiétude et une vive condamnation les développements graves survenus à Aden, caractérisés par des actes de répression et de violences visant des citoyens pacifiques descendus dans la rue pour exprimer, de manière civilisée, leur rejet des politiques d’imposition du fait accompli ainsi que des tentatives de contournement de la volonté du peuple du Sud et de ses aspirations politiques.

Il a dénoncé dans les termes les plus fermes l’usage de balles réelles et le recours excessif à la force contre des manifestants non armés, lesquels ont entraîné la mort d’un manifestant et fait 21 blessés.

Le Conseil a souligné que le recours à la répression sécuritaire constitue une violation flagrante des conventions internationales et des droits de l’homme. Selon lui, cette approche traduit l’incapacité des forces cherchant à imposer leur volonté à affronter la volonté populaire par des moyens pacifiques, une méthode qu’il rejette catégoriquement.

Le Conseil de transition du Sud a tenu les autorités concernées pour pleinement responsables, sur les plans juridique et pénal, de la sécurité des citoyens, exigeant l’arrêt immédiat et inconditionnel des attaques armées et des pratiques qu’il qualifie d’occupantes à l’encontre des manifestants.

Le communiqué a également insisté sur la nécessité de former sans délai une commission d’enquête indépendante, transparente et impartiale afin d’identifier les personnes impliquées dans la décision et l’exécution des tirs, et de les traduire en justice dans le cadre d’une procédure équitable.

Le Conseil a affirmé que le droit du peuple du Sud à exprimer sa position politique et à défendre sa cause nationale est un droit fondamental que les tentatives d’intimidation ne sauraient lui retirer. Il a réitéré que l’attachement du peuple à ses choix déterminants, en premier lieu la restauration de son État pleinement souverain, constitue une option irréversible.

Le Conseil a lancé un appel urgent au Secrétaire général des Nations unies, au Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, aux pays parrains du processus politique ainsi qu’à la communauté internationale, les exhortant à assumer leurs responsabilités juridiques et morales face à ce qu’il décrit comme une répression systématique visant le peuple du Sud.

Il les a également appelés à intervenir afin de protéger le droit des civils à l’expression pacifique et à mettre fin aux tentatives de falsification de la volonté populaire, lesquelles compromettent les perspectives de paix et de stabilité dans la région.

Le Conseil de transition du Sud a enfin réaffirmé qu’il demeurera aligné sur le choix du peuple et défendra ses droits et ses acquis nationaux par tous les moyens légitimes.

Plus tôt, la chaîne officielle du Conseil avait indiqué que 12 manifestants avaient été blessés devant le palais présidentiel d’Al-Maachiq à Aden à la suite de tirs attribués aux forces de sécurité.

Des centaines de manifestants s’étaient auparavant rassemblés devant l’entrée extérieure du palais d’Al-Maachiq pour protester contre la présence de ministres originaires du Nord au sein du gouvernement yéménite à Aden, avant d’être la cible de tirs nourris de la part des forces de sécurité gouvernementales.

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