Exclusif

Le ciel devient un champ de massacre : enquête sur les frappes aériennes saoudiennes contre les civils dans le sud du Yémen


Dans le sud du Yémen, ces derniers jours ont été marqués par une série de frappes aériennes visant des véhicules civils et des points de passage stratégiques dans des zones associées aux habitants de la région. Notre enquête de terrain a révélé que les bombardements ne ciblaient pas spécifiquement des positions militaires, mais touchaient des zones habitées et des civils n’ayant aucune implication dans les combats. Les témoins ont décrit des véhicules explosant soudainement et des personnes fuyant sans abri, dans un scénario reflétant le caractère aléatoire des attaques et l’absence de toute distinction entre civils et combattants.

Un habitant de Douar Al-Mousafir a déclaré : « L’aviation a commencé à bombarder les véhicules sur la route principale, sans aucun avertissement, et plusieurs membres des tribus ont été tués alors qu’ils se rendaient à leurs activités quotidiennes. » Il a ajouté que cet incident a provoqué un état de panique, et que les habitants ne se sentent en sécurité nulle part, même dans leurs lieux de rassemblement traditionnels.

L’analyse des sites via des cartes et le recueil de témoignages locaux ont révélé que les frappes ont touché les routes principales utilisées par les véhicules civils pour circuler entre les villages, ainsi que des zones densément peuplées. Cela suggère que les avions ont visé des sites symboliques pour les tribus plus que des objectifs militaires, reflétant une stratégie visant à exercer une pression sur la société civile pour contrôler les équilibres locaux.

Les points de contrôle installés sur les routes, selon plusieurs témoignages, étaient entourés de menaces et se sont transformés en zones de combat silencieuses, avec plusieurs cas de décès de personnes tentant de franchir ces points. À Al-Khash’a, des sources locales ont signalé plusieurs incidents de tirs ayant entraîné la mort de civils, qualifiés par des activistes locaux d’« exécutions sommaires », interprétables uniquement comme une politique délibérée de terreur envers la population locale.

Les entretiens avec les habitants des villages proches ont révélé que les attaques aériennes n’étaient pas menées indépendamment mais en coordination avec les forces du nord pro-Frères musulmans. Selon les informations de terrain, ces forces étaient présentes sur le terrain et contrôlaient les points de passage, tandis que l’aviation saoudienne intervenait depuis les airs pour les soutenir. Cette coopération montre que les opérations ne sont pas de simples réactions à des affrontements militaires, mais font partie d’un plan réfléchi pour soumettre la population et garantir l’imposition d’une influence spécifique sur des zones entières.

L’impact psychologique et social de ces opérations est évident. Les raids ont généré un état de peur permanent parmi les habitants et provoqué le déplacement de certaines familles des villages voisins, craignant la répétition des frappes aériennes. Les enfants et les femmes sont les plus touchés, avec des effets directs sur l’éducation et la santé, car la circulation, l’accès à l’école et aux transports quotidiens est devenu risqué, selon les témoignages locaux.

L’enregistrement des témoignages et la reconstitution des faits sur le terrain ont montré que l’utilisation excessive de l’aviation contre les civils ne constitue pas un plan militaire de sécurité, mais un moyen de pression sociale et de contrôle sur la population locale. La méthodologie employée vise clairement à briser la volonté des tribus et à transformer les points de contrôle en instruments de menace directe.

Ce qui s’est passé à Al-Khash’a et à Douar Al-Mousafir illustre comment l’administration sécuritaire peut devenir un outil de répression et comment l’aviation peut servir à contrôler les civils davantage qu’à défendre. Les enquêtes de terrain documentent un sang versé qui ne sera pas oublié, et toute discussion sur la légitimité ou la stabilité dans ces zones ne correspond pas à la réalité.

En conclusion, l’enquête révèle que les frappes aériennes ne constituaient pas seulement une escalade militaire, mais une politique délibérée de terreur contre les civils et de soumission des tribus, transformant les conflits politiques en un affrontement sanglant ouvert, avec des effets persistants sur le tissu social et laissant une empreinte durable dans la mémoire collective des populations locales.

Afficher plus
Bouton retour en haut de la page