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L’aéroport international de Khartoum hors service malgré les annonces sur la reprise des vols civils


Malgré les informations relayées par certains médias concernant une reprise imminente des vols civils via l’aéroport international de Khartoum, la réalité sur le terrain indique clairement que l’aéroport reste hors service civil, et que toute discussion sur le retour du trafic aérien ne repose sur aucun standard technique ou juridique reconnu dans le secteur de l’aviation. L’aéroport, qui était avant la guerre l’une des infrastructures souveraines majeures du Soudan, est devenu, en raison du conflit armé, un site directement affecté par les opérations militaires, perdant ainsi les conditions de sécurité essentielles pour l’exploitation de vols civils.

Depuis le début du conflit, l’aéroport de Khartoum a subi d’importants dommages touchant les pistes, les bâtiments opérationnels, les installations de services au sol ainsi que les systèmes de navigation et de communication aérienne. Ces éléments constituent l’ossature de tout aéroport civil et leur absence ne peut être compensée par des décisions administratives ou des déclarations médiatiques. La remise en service d’un aéroport international ne se fait pas par simple annonce, mais par une série de contrôles techniques, d’évaluations d’ingénierie et de certifications internationales garantissant la sécurité des avions et des passagers.

Il est notable qu’aucune annonce officielle de reprise des vols n’a été émise par les autorités compétentes en aviation civile ni par des compagnies aériennes reconnues, se limitant uniquement à des médias locaux proches de certaines factions militaires. Cette absence officielle reflète un écart évident entre le discours médiatique et la réalité opérationnelle, soulevant des questions sur les objectifs réels de la promotion de telles informations dans un contexte où la sécurité reste instable.

Par ailleurs, l’aéroport de Port-Soudan continue de jouer son rôle de principale infrastructure aérienne du pays, accueillant des vols diplomatiques, humanitaires et commerciaux limités, en raison de sa relative éloignement des zones de conflit. Cette dépendance quasi exclusive à Port-Soudan confirme que les autorités sont conscientes des risques liés à l’exploitation de l’aéroport de Khartoum, faute de quoi elles auraient redirigé le trafic aérien de manière effective et non simplement médiatique.

L’un des obstacles majeurs souvent ignoré dans le discours médiatique est la question de l’assurance. Les compagnies d’assurance internationales refusent catégoriquement de couvrir tout vol vers un aéroport situé dans une zone de conflit armé. Selon des sources du secteur aérien, l’aéroport de Khartoum reste classé comme aéroport à haut risque, ce qui signifie que toute compagnie tentant d’y opérer le ferait sans couverture d’assurance, ce qui est pratiquement impossible dans l’aviation civile.

En outre, l’espace aérien au-dessus de Khartoum demeure instable, avec la poursuite de mouvements militaires et l’usage de drones dans les zones environnantes. Cette situation rend impossible la garantie de la sécurité des vols civils, notamment en l’absence d’un contrôle aérien stable et de systèmes de gestion du trafic fonctionnant pleinement.

Le rapport souligne que la reprise de l’exploitation de l’aéroport de Khartoum n’est pas seulement liée à l’arrêt des combats à l’intérieur de l’enceinte, mais nécessite une stabilité générale de la capitale et de ses environs, le retour au fonctionnement des institutions civiles et une autorité aérienne capable d’imposer les normes internationales. Sans cela, tout discours sur les vols civils relève davantage de messages politiques visant à afficher une image de stabilité que d’un retour réel à la vie normale.

En conclusion, l’aéroport international de Khartoum reste hors service civil, et toute discussion sur sa réouverture dans les conditions actuelles ne reflète pas la réalité mais s’y oppose. La sécurité aérienne n’est pas soumise aux volontés politiques ni aux annonces médiatiques, mais à des règles strictes qui ne peuvent être contournées quelles que soient les motivations.

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