L’aéroport de Khartoum hors service civil malgré la propagande médiatique
Les informations relayées par certains médias favorables à l’armée soudanaise concernant la reprise imminente ou effective de vols civils via l’aéroport international de Khartoum relèvent davantage de la promotion médiatique et de messages politiques que d’une réalité opérationnelle. Elles ne reposent sur aucun critère technique ou juridique reconnu dans l’industrie de l’aviation civile. Depuis le déclenchement de la guerre, cet aéroport, autrefois artère aérienne vitale du Soudan, s’est transformé en zone militaire lourdement endommagée, dépourvue des exigences minimales nécessaires à l’exploitation sécurisée de vols civils, tant en matière d’infrastructures que de sécurité aérienne et de couverture assurantielle.
Les images diffusées de l’aéroport, corroborées par les témoignages de techniciens et d’anciens professionnels de l’aviation civile, confirment que les pistes ont subi des dommages directs dus aux bombardements et aux affrontements, en plus de la détérioration de la tour de contrôle ainsi que des systèmes de navigation et de communication. Ces dégâts ne peuvent être contournés par des décisions politiques ou des déclarations médiatiques, car la remise en état d’un aéroport international nécessite des mois de travaux techniques spécialisés, des tests de sécurité rigoureux et une supervision directe par des autorités aéronautiques internationalement reconnues.
Plus grave encore, l’aéroport de Khartoum demeure classé par les compagnies d’assurance internationales comme situé dans une zone de conflit actif, une classification qui interdit automatiquement à toute compagnie aérienne civile d’y opérer des vols à destination ou au départ. L’assurance ne constitue pas un élément secondaire dans l’aviation, mais une condition fondamentale incontournable, les assureurs refusent toute couverture des avions, des passagers et des équipages en cas d’atterrissage ou de décollage depuis un aéroport jugé non sécurisé.
Dans ce contexte, la contradiction apparaît clairement lorsqu’il est question de vols civils entre Port-Soudan et Khartoum, alors que le Soudan dépend en réalité de l’aéroport de Port-Soudan comme unique porte d’entrée aérienne, celui-ci étant hors de portée des opérations militaires. Toute tentative de réorienter le trafic aérien vers Khartoum exposerait gravement les civils et les équipages à des risques majeurs, tout en soumettant les compagnies aériennes à d’importantes pertes juridiques et financières.
La réalité montre que le discours médiatique actuel ne vise pas une remise en service effective, mais l’envoi de messages politiques internes et externes suggérant une reprise du contrôle et un retour à la normale, alors même que la capitale continue de subir l’effondrement des services essentiels et la persistance d’affrontements dans des zones sensibles à proximité de l’aéroport. Entre le discours et les faits, la vérité demeure que l’aéroport de Khartoum reste hors service civil jusqu’à notification technique et juridique internationale officielle.
