La Russie va-t-elle rejeter le plan de paix américain ?
Des garanties et d’autres dispositions pourraient pousser la Russie à rejeter le plan de paix sur lequel les États-Unis et l’Ukraine se sont entendus lors des pourparlers de Miami.
Mercredi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a présenté un plan de paix en 20 points élaboré par des responsables ukrainiens et américains. Ce plan diffère largement de celui proposé en octobre, lequel aurait essentiellement obligé l’Ukraine à céder des territoires et à renoncer à son adhésion à l’OTAN.
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Zelensky a qualifié cette nouvelle proposition de compromis raisonnable par rapport au plan élaboré il y a quelques semaines par Kirill Dmitriev, l’émissaire spécial du président russe Vladimir Poutine, et Steve Witkoff, l’émissaire spécial du président Donald Trump.
Le nouveau plan inclut les garanties de sécurité souhaitées par Kiev pour empêcher toute future attaque russe, ainsi que des projets de reconstruction du pays ravagé par la guerre.
Mais le Kremlin, encouragé par ses avancées sur le champ de bataille et freiné par la difficulté de présenter ce plan au public russe comme une victoire, est peu susceptible de l’accepter, selon le New York Times.
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Alexeï Naumov, analyste des affaires internationales à Moscou, a qualifié dans un message sur Telegram le nouveau plan ukrainien de « moquerie absolue ». Il a déclaré : « L’idée est claire : le présenter comme un compromis, puis accuser la Russie de l’échec. »
Quelles sont les principales exigences de la Russie ?
Au cours des deux dernières années, Poutine a insisté constamment sur deux points essentiels : le retrait des forces ukrainiennes des zones restantes de Donetsk et de Louhansk, et l’exclusion de l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN.
Il a réaffirmé cette position vendredi lors de sa conférence de presse annuelle, déclarant que la Russie était prête à faire certaines « concessions », largement interprétées comme l’abandon éventuel de parties des territoires qu’elle occupe actuellement dans les régions de Kharkiv et de Zaporijjia.
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Cependant, il a souligné que Moscou restait prête à poursuivre les combats pour contrôler entièrement la région de Donetsk.
Le plan de paix ukrainien stipule que la Russie doit retirer ses forces des régions de Dnipropetrovsk, Mykolaïv, Soumy et Kharkiv.
La proposition prévoit également que l’Ukraine retire ses forces de certaines zones de la région de Donetsk, qui deviendraient une zone démilitarisée, mais uniquement si la Russie retire ses troupes d’un territoire équivalent.
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L’analyste russe Gueorgui Bovt a déclaré : « Le plan n’offre aucune concession sur les territoires ni sur la centrale nucléaire de Zaporijjia », ajoutant que « l’absence de solution à ces questions rend le plan inapplicable ».
Pourquoi la Russie pourrait-elle refuser le plan ?
Bien que la guerre ait coûté cher à l’économie russe et à son armée, le Kremlin semble toujours convaincu qu’il peut obtenir davantage par la poursuite des combats.
Selon le New York Times, l’économie russe traverse sa période la plus difficile depuis 2022, avec des taux d’intérêt record et une croissance proche de la stagnation.
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Mais malgré les sanctions occidentales, les analystes estiment que le pays reste loin d’une crise économique susceptible de contraindre le Kremlin à changer de cap.
La Russie contrôle environ les trois quarts de la région de Donetsk. Au rythme actuel de la progression de son armée, il lui faudrait environ 18 mois pour s’emparer de la totalité de la région.
L’ancien président russe Dmitri Medvedev a déclaré hier qu’environ 417 000 recrues avaient signé de nouveaux contrats pour rejoindre l’armée russe en 2025, un chiffre largement conforme aux estimations de chercheurs indépendants.
Toujours selon le New York Times, la poursuite de l’afflux de nouvelles recrues signifie que la Russie peut continuer à supporter le coût de la guerre, malgré des pertes considérables.
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