Iran

La répétition des accidents d’avions révèle la faiblesse de l’armée de l’air iranienne


Les incidents à répétition reflètent la fragilité des infrastructures aériennes iraniennes et la vétusté de leurs équipements, en particulier dans un contexte de menaces militaires émanant de Washington, qui dispose de la force aérienne la plus puissante au monde.

La chute, mardi, d’un hélicoptère militaire appartenant à l’armée iranienne sur un marché dans la province d’Ispahan, au centre du pays, a suscité une vague d’inquiétude quant à l’état de préparation des forces aériennes iraniennes et relancé les interrogations sur les capacités militaires de Téhéran. L’accident a coûté la vie au pilote, à son copilote ainsi qu’à deux commerçants, tandis qu’un incendie s’est déclaré avant d’être maîtrisé par les équipes locales de secours.

Selon des experts, cet incident met en évidence la vulnérabilité des infrastructures aériennes iraniennes et l’obsolescence de leurs équipements, notamment face aux menaces militaires des États-Unis, qui possèdent la première puissance aérienne mondiale. La répétition de tels accidents en Iran témoigne d’un bilan préoccupant en matière de sécurité aérienne au sein des forces iraniennes. De nombreux appareils encore en service datent d’avant la révolution islamique de 1979 et ne disposent plus de pièces de rechange d’origine, ce qui accroît les risques de défaillances techniques et de crashs.

La semaine dernière, un avion de chasse F-4 de fabrication américaine, appartenant à l’armée de l’air régulière iranienne, s’est écrasé dans la province de Hamedan, à l’ouest du pays, lors d’un vol d’entraînement, entraînant la mort du pilote. Ce n’était pas un cas isolé : en 2024, un autre hélicoptère s’est abîmé dans la province d’Azerbaïdjan oriental, provoquant la mort de l’ancien président iranien Ebrahim Raïssi, de son ministre des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian ainsi que de membres de l’équipage. Ces drames récurrents mettent en lumière l’ancienneté de la flotte et les limites du dispositif logistique.

L’armée de l’air iranienne repose sur une flotte vieillissante, composée en grande partie d’anciens modèles américains tels que les F-4, F-5 et F-14, auxquels s’ajoutent, selon certaines sources, quelques chasseurs d’origine russe et chinoise. Malgré des efforts de maintenance, les sanctions internationales et la pénurie de pièces détachées limitent fortement la disponibilité opérationnelle de ces appareils, rendant quasiment impossible toute supériorité aérienne face à des avions de pointe tels que les F-22 et F-35 américains dans un affrontement direct. Les experts décrivent l’armée de l’air iranienne comme une force aux capacités restreintes, peu préparée à affronter des appareils modernes dans un conflit prolongé, comme l’ont illustré les pertes subies par l’Iran lors d’une guerre de douze jours avec Israël, au cours de laquelle plusieurs avions de combat ont été détruits par des frappes ciblées.

Sur le plan de la défense aérienne, l’Iran dispose de systèmes multicouches tels que le Bavar 373 et le Raad, offrant une capacité limitée d’interception de certains avions et missiles. Toutefois, leur efficacité face à une offensive d’envergure demeure sujette à débat parmi les analystes militaires, notamment en cas d’affrontement avec une force aérienne avancée comme celle des États-Unis. L’Iran a également développé des systèmes de lutte contre les drones et les missiles, lui conférant une capacité restreinte à repousser des attaques de moyenne et faible intensité.

Dans le domaine des drones, l’Iran a considérablement élargi l’usage d’appareils tels que les Shahed 136 et Mohajer-6, qui ont démontré leur efficacité dans des conflits régionaux et dans l’exercice de pressions ciblées sur ses adversaires à travers des frappes concentrées et des missions de brouillage. Téhéran mise également sur une stratégie de saturation par l’emploi d’essaims de drones, susceptibles de mettre à rude épreuve des défenses aériennes coûteuses, notamment dans des zones étroites comme le golfe Persique, traduisant ainsi sa volonté de compenser la faiblesse de ses capacités aériennes conventionnelles par des moyens asymétriques.

En revanche, les États-Unis disposent d’une supériorité aérienne mondiale, appuyée par des appareils modernes tels que les F-22 et F-35, des réseaux logistiques étendus, des bases stratégiquement réparties ainsi que des capacités avancées de détection et de communication, incluant satellites, systèmes de guerre électronique et moyens de reconnaissance à longue portée, sans oublier des réseaux intégrés de commandement et de contrôle. Ces atouts leur confèrent un avantage déterminant dans la conduite des opérations aériennes.

Ces écarts significatifs entre les capacités aériennes iraniennes et l’équipement de pointe des États-Unis confirment qu’un affrontement direct serait extrêmement difficile pour Téhéran. Les stratégies iraniennes fondées sur les drones et la défense aérienne constituent des mécanismes tactiques destinés à réduire l’écart technologique, mais elles ne sauraient compenser la supériorité aérienne américaine dans un scénario de conflit potentiel.

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