La guerre contre l’Iran : une seule opération, deux appellations
Une opération née de semaines de menaces et d’avertissements, mais qui porte deux noms distincts, chacun signé par l’une des parties impliquées.
Samedi, les États-Unis et Israël ont lancé une offensive contre l’Iran, après plusieurs semaines durant lesquelles Washington avait menacé Téhéran d’une action militaire et procédé à un déploiement de forces au Moyen-Orient à cette fin.
Alors que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a baptisé l’opération « Rugissement du Lion », le département américain de la Défense a choisi l’appellation « Épopée de la Colère », comme il l’a annoncé sur la plateforme X.
La chaîne d’information israélienne Channel 14 a indiqué que l’armée israélienne avait initialement retenu le nom « Bouclier de Juda » pour cette opération, avant que Netanyahou ne décide finalement de l’intituler « Rugissement du Lion ».
L’an dernier, Israël avait désigné son opération militaire contre l’Iran sous le nom de « Lion Ascendant », tandis que le président américain Donald Trump avait qualifié l’attaque américaine de « Marteau de Minuit ».
Dans un communiqué, l’armée israélienne a déclaré : « L’armée israélienne et l’armée américaine ont lancé une opération conjointe et d’envergure visant à porter un coup profond au régime terroriste iranien et à éliminer des menaces existentielles pesant durablement sur l’État d’Israël. »
Elle a ajouté que la frappe « a débuté par l’attaque de dizaines d’objectifs militaires et s’inscrit dans le cadre d’une offensive large, coordonnée et conjointe contre le régime ».
Selon le communiqué, « le régime iranien n’a pas renoncé à son projet de destruction d’Israël. Ces derniers mois, malgré le revers subi lors de l’opération Lion Ascendant, les Forces de défense israéliennes ont constaté la poursuite des tentatives du régime visant à fortifier, protéger et dissimuler son programme nucléaire, parallèlement à des efforts de reconstruction de son projet de production de missiles ».
« Le régime a également continué à financer, former et armer ses supplétifs déployés aux frontières israéliennes. Ces activités constituent une menace existentielle pour l’État d’Israël ainsi qu’une menace pour le Moyen-Orient et le monde entier », poursuit le texte.
Le communiqué souligne qu’« au cours des mois ayant précédé l’attaque, une planification étroite et conjointe entre les armées israélienne et américaine a permis l’exécution de cette offensive d’envergure avec un niveau maximal d’intégration et de coordination ».
Il est également indiqué que « l’armée israélienne, dans toutes ses composantes, a mené une préparation prolongée au combat, tant sur le plan défensif que dans l’élaboration de divers scénarios offensifs ».
L’état-major et les commandants procèdent actuellement à une évaluation de la situation, tandis que d’importantes forces sont déployées à des fins défensives et maintenues en état de préparation offensive sur tous les fronts, face à toute éventualité. La population est appelée à continuer de se conformer aux directives du Commandement du front intérieur.
De son côté, Netanyahou a déclaré dans une allocution télévisée : « Israël et les États-Unis ont engagé une opération visant à éliminer le danger existentiel que représente le régime terroriste en Iran. Je remercie notre grand ami, le président Donald Trump, pour son leadership historique. »
« Épopée de la Colère »
Le département américain de la Défense a officiellement annoncé que la campagne militaire américano-israélienne contre l’Iran porterait le nom d’« Épopée de la Colère ».
Sur son compte officiel sur la plateforme X, le ministère a publié le logo de l’opération aux côtés du drapeau américain, soulignant le caractère formel et coordonné de l’action militaire et confirmant l’entrée de la campagne dans une phase déclarée après une période de préparation et d’escalade progressive.
Le choix de cette appellation revêt une dimension à la fois politique et militaire, traduisant la volonté de Washington d’afficher fermeté et dissuasion dans un contexte de tensions croissantes dans la région.
Des observateurs estiment que l’adoption d’un nom à connotation offensive envoie un double message : rassurer les alliés et adresser un avertissement clair à Téhéran contre la poursuite de toute activité considérée par Washington comme une menace pour sa sécurité ou celle de ses partenaires.
La récurrence de dénominations symboliques marquantes reflète une stratégie délibérée de gestion de la communication entourant les opérations militaires, renforçant simultanément leur impact militaire et politique.
